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Plus de 30 millions de Sahéliens nécessitent une assistance vitale

Plus de 30 millions de Sahéliens, dont la plupart sont des femmes et des enfants, ont besoin d’une assistance et d’une protection vitales en 2022, soit une augmentation de près de deux millions par rapport à 2021. Les agences humanitaires des Nations unies et les organisations non gouvernementales continuent aujourd’hui de tirer la sonnette d’alarme face à la crise qui s’aggrave rapidement au Sahel. « En période de conflit, la violence porte atteinte aux systèmes éducatifs et entraîne le déplacement des populations. En conséquence, un grand nombre d’enfants se retrouvent sans éducation et sont confrontés à de graves problèmes de protection. Les attaques contre les écoles sont en augmentation, affectant les élèves, les enseignants et les communautés. Environ 7 900 écoles sont fermées au Sahel en raison de la violence, soit une augmentation de 56 % depuis 2021 », avertit Marie-Pierre Poirier, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique occidentale et centrale. « Lorsque les enfants réfugiés et déplacés ne sont pas scolarisés, ils deviennent de plus en plus vulnérables à l’exploitation et aux abus. Les cas rapportés de recrutement, de meurtres et de mutilations d’enfants, et de violences sexuelles par des groupes et forces armées sont en augmentation ; les mariages d’enfants et les grossesses précoces chez les filles en âge d’être scolarisées risquent de s’aggraver davantage par l’impact socio-économique de la pandémie de COVID-19 et du changement climatique « . Les besoins croissants au Sahel sont exacerbés par la réduction constante de l’espace humanitaire, ce qui entraîne l’ensemble de la réponse dans une spirale négative. « Bien que les besoins ne cessent d’augmenter, atteindre les personnes dans les zones touchées par les conflits est un défi permanent en raison de la criminalité croissante, des enlèvements et de l’augmentation de la violence », déclare Maureen Magee, directrice régionale du Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC) pour l’Afrique centrale et occidentale. « L’insécurité et la violence privent les communautés touchées de services vitaux, notamment l’accès à la santé, à l’éducation et aux services d’eau, d’hygiène et d’assainissement, ce qui entraîne un cercle vicieux de vulnérabilité. Les travailleurs humanitaires sont de plus en plus en danger et ont été enlevés et tués ». « Alors que les besoins atteignent des sommets dans tout le Sahel, les ressources sont au plus bas, et le coût de la réponse monte en flèche, ce qui nous oblige à fournir des demi-rations dans de nombreux pays du Sahel », a déclaré Elvira Pruscini, directrice régionale adjointe du Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour l’Afrique de l’Ouest. « L’assistance vitale est essentielle et devrait être complétée par des interventions de résilience pluriannuelles afin de réduire les besoins humanitaires au fil du temps et d’ouvrir la voie à des solutions durables à la faim et à la malnutrition. Nous pouvons et devons également soutenir les systèmes nationaux de protection alimentaire et sociale pour atténuer immédiatement cette crise tout en soutenant les gouvernements ». « Entre juin et août 2022, plus de 18,6 millions de personnes (15 % de la population totale de la région[2]) devraient connaître une insécurité alimentaire sévère, dont 2,1 millions de personnes connaissant des niveaux d’urgence d’insécurité alimentaire », a noté le représentant régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’organisation internationale Action contre la Faim (ACF), Mamadou Diop. Pour Mme Poirier de l’UNICEF, « La prévention et les solutions à long terme de la malnutrition infantile passent par l’amélioration de l’accès équitable à des aliments nutritifs et à des services de santé de qualité, et par la facilitation de l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement, ainsi que par la promotion de pratiques appropriées en matière de soins aux nourrissons et aux jeunes enfants ». « Pour un trop grand nombre de femmes et de filles qui vivent un déplacement, la violence basée sur le genre est un phénomène quotidien. Les mariages forcés et les mariages d’enfants, la violence physique et sexuelle, et l’exploitation sexuelle contribuent à ce que des milliers de personnes se sentent piégées et impuissantes », a noté le vice-président régional pour l’Afrique de l’Ouest du Comité international de secours, (IRC) Modou Diaw. « Elles sont principalement impactées par des normes sociales néfastes et de multiples discriminations basées sur l’âge et le genre, qui sont exacerbées par la crise socio-économique et le conflit ». Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) et ses partenaires lancent l’Aperçu des besoins humanitaires et des fonds requis pour le Sahel en 2022, ils appellent à une action immédiate pour faire face à la situation critique. Cependant, le manque de financement reste l’un des principaux obstacles à la fourniture d’une aide efficace. « Il est urgent de sécuriser l’aide humanitaire pour les plus vulnérables alors que des millions de personnes luttent chaque jour. Sans ressources suffisantes, la crise va encore s’aggraver, érodant la résilience des communautés et mettant en danger les enfants, les femmes et les hommes », prévient le chef du bureau Afrique de l’Ouest et du Centre d’OCHA, Charles Bernimolin. « En juin, seuls 15 % des 3,8 milliards de dollars nécessaires ont été reçus pour soutenir les plans de réponse humanitaire 2022 pour le Burkina Faso, le nord du Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger et le nord-est du Nigeria. C’est insuffisant ».

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