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Recrutement d’un (e) Expert(e) en médiation sociale et lutte contre les violences basées sur le genre (délai 14 décembre)

Termes de référence pour le recrutement d’un (e) Expert(e) en médiation sociale et lutte contre les violences basées sur le genre dans le cadre du SERRP (Projet de Relèvement d’Urgence et de Résilience à Saint-Louis).

Les dossiers de candidature doivent être déposés à l’adresse ci-dessous ou envoyé par courriel électronique à l’adresse ci-dessous, au plus tard le 14 décembre 2020 à 12 heures 00 mn GMT. Agence de Développement Municipal (ADM) Bureau du Spécialiste en Passation des Marchés N° 5, avenue Carde, Immeuble Carde Rénovation, 3ème étage Fax : (221) 33 842 25 76 E-mail : pacadem@orange.sn;

I. CONTEXTE

La Langue de Barbarie, située dans la Commune de Saint-Louis, est une bande de terre sablonneuse, à très faible altitude, située entre le Fleuve Sénégal et l’Océan Atlantique. Elle est exposée aux effets dévastateurs des courants marins, de l’élévation du niveau de la mer, entre autres agents dynamiques naturels. Ces phénomènes sont la résultante de causes anthropiques et non anthropiques, notamment les changements climatiques. Ils ont, ces dernières années, contribué à accélérer le recul de la ligne de rivage ; ce qui a ainsi négativement impacté les conditions de vie des populations de cette zone dont la population est estimée à près de 80 000 habitants, soit 34 % de la population de Saint-Louis. Ils constituent, de ce fait, une réelle menace sur la préservation des activités économiques dominées très largement, au niveau de cette zone, par la pêche artisanale qui polarise, à elle seule, plus de la moitié de la population active de Saint-Louis. Depuis quelques années, elle ne cesse de régresser, du fait notamment, de l’avancée de la mer. Malgré les investissements réalisés par le Gouvernement aux fins de protéger le littoral saint-louisien, les conséquences dramatiques de l’avancée de la mer se font toujours ressentir, avec la récurrence de raz-de-marée aux très graves conséquences, comme ceux survenus respectivement en août 2017 et février 2018. Ces deux événements ont affecté près de 250 familles dont les 188 ont été, dans un premier temps, relogées provisoirement (i) dans des tentes de fortune sur le site de Khar Yalla situé dans la Commune voisine de Gandon, à 6 km de la Langue de Barbarie, au niveau du Camp Gazeille et (iii) dans des familles d’accueil. Ces phénomènes qui sont de plus en plus récurrents, nécessitent la recherche de solutions efficaces et durables dont la mise en œuvre peut être échelonnée sur le moyen et long termes. Dans cette optique, le Gouvernement du Sénégal a, avec le concours technique et financier de la Banque mondiale, initié le Projet de Relèvement d’Urgence et de Résilience à Saint-Louis (SERRP) structuré en 5 composantes : – Composante 1 : Réponse aux besoins immédiats des populations touchées par la catastrophe ; – Composante 2 : Relogement planifié des populations vivant dans la zone à haut risque de la Langue de Barbarie ; – Composante 3 : Renforcement de la planification de la résilience urbaine côtière ; – Composante 4 : Composante pour la réponse d’urgence ; – Composante 5 : Gestion, suivi et évaluation du projet, Le SERRP se veut être une réponse efficace pour faire face aux ondes de tempêtes maritimes intempestives et récurrentes auxquelles les populations de la Langue de Barbarie sont confrontées. Il s’inscrit aussi dans le cadre plus large du programme de villes durables et a, ainsi, pour objectif le renforcement de la résilience de la ville de Saint-Louis face aux effets du changement climatique. Dans la perspective de sécuriser les populations exposées, les premières familles victimes de l’avancée de la mer en 2017 et 2018 ont été déplacées et relogées temporairement, en juillet 2019, dans des unités mobiles d’habitation sur un site viabilisé à Diougop (Commune de Gandon), en attendant une seconde vague de relogement provisoire qui interviendra en décembre 2020. Le SERRP a, également, prévu la libération d’une emprise de sécurité contre les effets des houles sur une bande longue de 3,6 km et large d’environ 20 mètres, et la réinstallation de ces populations sur des sites aménagés, en conformité avec la politique opérationnelle de la Banque PO 4.12, portant Réinstallation Involontaire de Populations. Cette libération entrainera un déplacement d’environ 15 086 personnes dont 3 278 déjà victimes de houles et 11 808 qui vivent sur la bande de sécurité de la Langue de Barbarie. Ces populations seront, ainsi, relogées dans des logements en dur qui seront construits, par le Projet, dans un site aménagé situé à Diougop, dans la Commune de Gandon Les sinistres liés à l’avancée de la mer ont eu pour conséquence de faire déménager plusieurs établissements humains côtiers qui, en plus d’avoir perdu leur habitat, ont en même temps perdu leurs filets de sécurité sociale et économique. Ce déplacement de familles est, également, source de beaucoup de contraintes et de difficultés que le Projet se propose d’atténuer ou de solutionner à travers un dispositif d’accompagnement social, de médiation, d’assistance psychosociale et de réhabilitation des moyens d’existence. L’Agence de Développement Municipal (ADM) en sa qualité d’entité d’exécution du SERRP, est chargée de la gestion fiduciaire de l’ensemble des activités ciblées dans le cadre dudit projet. Compte tenu de ce qui précède, l’ADM envisage de recruter un Expert(e) social(e) spécialisé(e) en Médiation sociale et lutte contre les Violences Basées sur le Genre, pour renforcer son staff basé à Saint- Louis et impliqué dans la coordination de la mise en œuvre du SERRP dont les périmètres d’intervention concernent l’agglomération de Saint-Louis. C’est dans cette perspective que les présents termes de référence (TDR) sont élaborés pour définir le contenu de la mission, ainsi que le profil du consultant qui sera recruté.

II. NATURE ET ETENDUE DE LA PRESTATION

L’Expert(e) social(e) spécialisé(e) en Médiation sociale et lutte contre les Violences Basées sur le Genre est sous l’autorité du Directeur Général de l’ADM et la supervision du Directeur de l’Appui Institutionnel. Il (elle) sera basé à Saint-Louis et travaillera en étroite collaboration avec l’ARD qui assure la coordination locale du Projet ainsi qu’avec les autres membres de l’équipe d’experts du SERRP. Il (elle) sera, par ailleurs, appelé(e) à travailler de manière ponctuelle, à chaque fois que de besoin, sur la revue de documents du PROGEP 2 et leur mise a niveau sur la thématique VBG et l’appui au règlement des conflits y afférents. Ce travail sur le PROGEP 2 pourrait nécessiter des missions sur le terrain à Dakar. Il (elle) veillera au suivi des activités de facilitation sociale et à la prise en compte des VBG (1) dans la mise en œuvre de toutes les activités du Projet SERRP. De manière générale il sera en charge, en complément de la mission de facilitation sociale déjà en place, de : • l’accompagnement social des populations impactées qui constituent la cible du Projet et qui sont sur le site de relogement, sur la Langue de Barbarie et dans les autres sites d’accueil incluant les familles d’accueil ; • la mobilisation sociale, l’implication et l’appropriation effective des parties prenantes locales dans toutes les étapes du Projet ; • la participation à l’identification, la formulation et la mise en œuvre des activités d’insertion et/ ou de restauration des moyens de subsistance des populations déplacées au niveau du site d’accueil ; • la définition et la mise en pratique de dispositions relatives à la prévention et l’apport d’un soutien holistique à toutes les victimes de VBG ; • la supervision des activités du Cabinet de facilitation sociale en place. De manière spécifique, l’Expert (e) en Médiation Sociale et lutte contre les Violences Basées sur le Genre au sein du Projet SERRP sera en charge de : • assurer l’encadrement et le suivi des activités de la mission facilitation sociale recrutée dans le cadre du projet ; • accompagner les acteurs institutionnels et organisations communautaires afin de faciliter leur participation au processus de mise en place des réalisations prévues (logements, PIC, équipements sociaux, …) ; • assurer le contrôle du respect des dispositions des contrats de cabinet chargé de la facilitation sociale et des prestataires attributaires de marchés (travaux, fournitures et services) dans le cadre des PIC et PROSE ; • assurer le suivi de l’appui des organisations communautaires dans l’identification, la formulation et l’exécution de PIC et PROSE visant à contribuer à l’atteinte des objectifs du projet ; • participer à la mise en œuvre et au suivi des activités d’accompagnement social notamment les projets d’investissement communautaires (PIC) et projets socio-économiques (PROSE), l’engagement communautaire, les activités d’adaptation au changement climatique, de résilience et d’appropriation des réalisations du projet par les acteurs ; • appuyer et assurer le suivi de la pérennité et de la viabilité des projets et/ ou micro-projets réalisés par la mise en place d’outils et de stratégies participatives d’entretien des réalisations ; • accompagner et appuyer le processus de requalification des zones libérées de la LDB avec une forte consultation et implication des autorités et des populations riveraines non-déplacées de ces zones ; • appuyer le suivi de la mise en œuvre de la formation et de la sensibilisation des acteurs dans différentes thématiques concourant à l’atteinte des objectifs du projet (VBG, EAS/SH, entretien, maintenance et exploitation des ouvrages, préservation de l’environnement, résilience, etc.) ; • procéder à une évaluation sociale du projet qui inclut l’appréciation de la situation sociale et des risques sous-jacents de VBG, en s’aidant de l’outil d’évaluation des risques de VBG et en s’en tenant aux considérations d’ordre sécuritaire et éthique liées à la collecte de données sur la VBG. Aucune donnée de prévalence ni de référence ne doit être recueillie dans le cadre de l’évaluation des risques ; • assurer le suivi de la collecte, le traitement et la mise à disposition des éléments nécessaires à l’alimentation du système de suivi-évaluation, d’évaluation des impacts et des indicateurs de performance du projet ainsi qu’à la capitalisation ; • cartographier les services disponibles disposant d’un paquet minimun pour prendre en charge les survivants de VBG dans les communautés riveraines du projet. Il s’agirait notamment de procéder à une évaluation de la capacité des prestataires à offrir des services de qualité axés sur les victimes de VBG, y compris pour prendre en charge les cas de VBG, assurer la défense de la victime et fournir des recommandations pour faire le lien avec d’autres services non fournis par l’organisation elle-même ; • décrire le protocole de réponse avec le mode d’accès aux soins holistiques (juridique /judiciaire, psychosociale et médicale )pour les survivantes • faire le suivi avec la mission de facilitation sociale de toutes les initiatives liées aux VBG ; • développer des outils et des mécanismes de suivi et d’évaluation du respect des mesures de prévention et de gestion des VGB ; • promouvoir des stratégies de protection et de lutte contre les VBG dans les zones d’intervention du Projet ; • élaborer un mécanisme de gestion de plaintes pour répondre aux incidents de VBG/EAS/SH qui prend en compte des canaux de signalement de plaintes sûrs, confidentiels et accessibles pour les femmes et filles et qui ont été confirmés par elles. ;; • communiquer sur le MGP afin que tout le monde sache comment l’utiliser • former et sensibiliser les travailleurs et les membres de la communauté sur les VBG/EAS/HS pendant tout le long du projet ; • engager des consultations avec diverses parties prenantes (autorités politiques, culturelles ou religieuses, équipes de santé, administrations locales, travailleurs sociaux, ) et d’intervenir au début et tout au long de la mise en œuvre du projet ; • prévoir des consultations spécifiques des femmes et des filles dans des groupes réservés aux femmes, animées en lieu sûr par une femme afin d’ encourager leur participation libre et ouverte • élaborer un plan d’action de prévention et atténuation des risques du VBG/EAS/HS et un cadre de responsabilisation et d’intervention • consulter l’ensemble des prestataires recrutés pour mettre en œuvre une stratégie de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre EAS/SH à l’attention des communautés riveraines et du personnel des divers chantiers des travaux liés au projet ; • assurer la coordination du Mécanisme de Gestion des Plaintes liées aux VBG dans le cadre du Mécanisme de Gestion des Plaintes global du Projet SERRP, tout en assurant une approche « centrée sur les victimes » dans le projet pour faire en sorte que les femmes et les filles (et autres) touchées reçoivent une assistance médicale, psychosociale et juridique conforme aux besoins de chacun, sous réserve du consentement de la victime et, tout en respectant leur droit à la confidentialité et sécurité ; • contribuer à la mise en place d’une base de données sur le Mécanisme de Gestion des Plaintes, notamment pour le suivi et le reporting des plaintes de VBG enregistrés par le projet, et l’actualiser régulièrement. Ceci doit être fait en respectant le protocole de confidentialité et selon le fonctionnement du Mécanisme de Gestion des Plaintes VBG qui sera établi pour le projet. • assurer le suivi systématiquement des Feedbacks de la communauté sur le système de gestion de plaintes (y compris le code de bonne conduite du projet) et les autres services d’assistance aux survivantes ; • passer en revue tous les documents de sauvegardes environnementales et sociales préparés dans le cadre du projet projet afin de s’assurer que les questions de VBG, EAS, HS ont bien été prises en compte ( Dossiers d’Appels d’Offres (DAO) et/ou Dossier de consultation (DDC) ainsi que dans le contrat des prestataires (entreprises, missions de contrôle, etc.), dans les TDR des missions de contrôle de travaux, ainsi que dans les codes de conduite des entreprises et groupements bénéficiaires de l’appui du Projet ; • s’assurer que les codes de conduite sont signés et bien compris (expliquer dans les langues de la zone du projet )par toutes les personnes travaillant sur le projet • former le personnel lié au projet sur les obligations en matière de conduite prescrites par les codes de conduite ; • s’assurer que les codes de conduites et les règlements soient affichés sur le site des travaux du projet ; • diffuser les codes de conduite (y compris des illustrations visuelles) et en discuter avec les employés et les populations riveraines ; • s’assurer que les travailleurs du projet et les populations locales ont suivi une formation sur les VBG, l’exploitation et les sévices sexuels ainsi que sur le harcèlement sexuel ; • procéder régulièrement au suivi et à l’évaluation des progrès accomplis dans les activités de lutte contre la VBG,EAS /HS, notamment la réévaluation des risques, le cas échéant ; • documenter les bonnes pratiques et leçons apprises en matière de prévention et d´atténuation des risques VBG/EAS/HS et prise en charge des survivantes dans le cadre du projet

III. RAPPORTS

L’Expert (e) en médiation sociale et lutte contre les violences basées sur le genre dans le cadre du SERRP produira ses rapports d’activités périodiques (mensuels) et autres rapports spécifiques sur la base d’un canevas consensuel et avec des illustrations et des données chiffrées.

IV. DUREE ET VOLUME DES PRESTATIONS

Les prestations de L’Expert(e) social(e) spécialisé(e) en Médiation sociale et lutte contre les Violences Basées sur le Genre sont prévues jusqu’au 30 juin 2025 date de clôture du Projet. Toutefois, le renouvellement du contrat se fera sur une base annuelle en fonction du résultat de l’évaluation qui sera faite par l’ADM.

V. QUALIFICATIONS REQUISES

L’Expert(e) social(e) spécialisé(e) en Médiation sociale et lutte contre les Violences Basées sur le Genre devra avoir au minimum les qualifications suivantes : • un diplôme supérieur en sciences sociales (sociologie, géographie, économie, droit,…) (minimum Bac + 4, équivalent d’une maîtrise ou Master) ; • spécialisation en médiation sociale et/ou accompagnement psycho – sociale (voire assimilé) ; • expérience professionnelle : 10 ans minimum dans le domaine de l’accompagnement social de populations ou de communautés dans des projets de développement ou assimilé ; • avoir une solide expérience dans la supervision et dans la formation d’adultes en ce qui concerne la prévention et lutte contre les violences basées sur le genre, harcèlement sexuel et abus sexuels ; • avoir une bonne connaissance de la chaîne de prise en charge holistique des survivants de VBG/EAS/HS ; • avoir une bonne connaissance des instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux en matière du Genre et de lutte contre les VBG/EAS/HS ; • avoir une expérience dans la collecte de données éthique sur la prise en charge des victimes de VBG /EAS/HS; • avoir le sens de l’initiative, de l’écoute, ainsi qu’une excellente capacité d’analyse, de rédaction, de communication et une bonne aptitude pour le travail en équipe ; • disposer de solides connaissances en animation communautaire et conception d’outils et de supports pour le changement de comportement ; • disposer d’une expérience pratique en appui à l’identification, à la formulation et au suivi évaluation de projets communautaires ; • avoir une excellente maîtrise de l’outil informatique et des logiciels courants (Word, Excel, Powerpoint, …) ; • être de bonne moralité.

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