Rapport 2025 du Médiateur de la République : 26 recommandations, plusieurs dossiers sensibles

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu le rapport annuel 2025 du Médiateur de la République lors d’une cérémonie officielle organisée hier. Le chef de l’État a annoncé que des instructions seraient données pour la prise en charge effective des préoccupations recensées dans le document. Le président a d’emblée situé la portée de la rencontre au-delà du simple respect du cadre légal. Selon lui, la cérémonie « dit, mieux que tout discours, le degré de consolidation de l’État de droit et de la démocratie » au Sénégal. Il y voit également une consécration de la foi des autorités « dans les modes alternatifs de règlement des différends et litiges ».

UN ATTENTION PARTICULIÈRE REQUISE

Bassirou Diomaye Faye a salué la prise en charge effective des doléances des usagers des services publics par l’institution du Médiateur. Le rapport remis par Demba Kandji met en avant des interventions sur plusieurs dossiers sensibles : litiges fonciers, difficultés liées à la liquidation et au paiement des pensions, réclamations administratives, ainsi que des problématiques touchant les populations vulnérables, dont les enfants à besoins spéciaux. Le président a également relevé l’usage « qualitatif et régulier » du pouvoir de proposition de réformes de l’institution, illustré par vingt-six recommandations formulées au cours de l’année écoulée. Il a cité en exemple celles adressées au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique lors de la journée du dialogue national, ainsi que les propositions relatives au redimensionnement des missions du Conseil constitutionnel et à l’ouverture aux citoyens d’une voie de contrôle de constitutionnalité des lois. Concernant les conditions de détention, le chef de l’État a noté que les préconisations du Médiateur sur la suppression des modes intrusifs de fouille et la décongestion des établissements pénitentiaires sont « en phase avec les récentes options du gouvernement ».

Le président a affirmé que l’État a pris « l’exacte mesure » des préoccupations exprimées par les populations rencontrées lors des tournées régionales du Médiateur. Il a annoncé que des instructions seraient données pour leur prise en charge, précisant que les demandes émanant des zones de terroir méritent une attention particulière et qu’il veillera à la mobilisation des moyens de l’administration territoriale à cet effet.  Il a cité plusieurs chantiers déjà engagés par le gouvernement en écho aux comptes rendus de tournées du Médiateur : éducation et formation des jeunes, accès au foncier rural pour les femmes, infrastructures routières, plateaux techniques de soins aux normes et financement des PME et PMI.

UN LEADERSHIP À CONSOLIDER EN MATIÈRE DE PROTECTION DES LANCEURS D’ALERTE

Le chef de l’État a encouragé le Médiateur à renforcer l’ancrage international de son institution, évoquant les conventions de coopération déjà signées avec les homologues du Maroc, du Cap-Vert, des Îles Canaries et de l’Angola. Il a par ailleurs annoncé la tenue à Dakar, du 21 au 23 octobre 2026, d’une conférence internationale organisée par l’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF), en lien avec l’Association internationale des Procureurs et Poursuivants francophones et les réseaux parlementaires de la Francophonie, consacrée à la protection des lanceurs d’alerte. Le Sénégal, présenté comme précurseur en Afrique francophone dans l’adoption d’une législation dédiée à cette protection, y consolidera son leadership, selon le président. Il a indiqué avoir donné des instructions au ministre de la Justice, Garde des Sceaux, et à celui de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, pour accompagner l’organisation de cet événement.

Diomaye Faye a indiqué avoir pris note du plaidoyer du Médiateur en faveur d’une modernisation du cadre juridique de l’institution, dans la perspective de son évolution vers un Défenseur des droits doté de compétences élargies. Il a qualifié cette réflexion de question qui « touche à l’architecture même de notre État de droit » et a annoncé qu’il instruirait le gouvernement de lui accorder « toute l’attention requise ». 

Tribune

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