Quand l’État célèbre des champions et oublie le Patriarche.
Le 28 avril 2026, le Palais de la République a vibré d’une solennité nouvelle. Le Président Bassirou Diomaye Faye y installait le Conseil Stratégique de l’initiative présidentielle SunuChampions — sept personnalités d’exception, réunies pour faire émerger les futurs champions économiques du Sénégal. Des profils brillants, des trajectoires exemplaires, un souffle d’espoir pour le secteur privé national.
Beau tableau. Belle ambition.
Mais pendant que le Palais applaudissait ses champions désignés, un homme continuait d’attendre. Seul. Depuis 18 ans.
Il s’appelle BOCAR SAMBA DIÉYE.
Pas un théoricien du développement. Pas un expert en stratégie d’entreprise. Un opérateur économique de terrain, bâtisseur silencieux, qui s’est construit à la force du poignet — sans parrain, sans piston, sans filet. Un self-made man à la sénégalaise, dans toute l’acception du terme. Un homme qui incarne, mieux que quiconque, les valeurs que SunuChampions entend promouvoir : courage, abnégation, résilience.
Et pourtant, cet homme attend toujours que la justice lui soit rendue. Il a obtenu gain de cause devant les tribunaux — à plusieurs reprises. Mais le droit qui lui a été reconnu reste, à ce jour, lettre morte. Dix-huit ans de procédures. Dix-huit ans de patience. Dix-huit ans de foi en l’État de droit.
Vous avez choisi comme boussole les valeurs du Jub, Jubeul, Jubanti — droiture, rectification, redressement. Des valeurs qui ne peuvent rester des slogans. Elles commandent que la vérité soit respectée, que les erreurs soient corrigées, que les droits reconnus soient pleinement rétablis.
SunuChampions veut montrer aux jeunes Sénégalais que le mérite paie, que l’effort est récompensé, que l’État est un partenaire loyal. Quel message envoie-t-on si, dans le même temps, un homme ayant démontré tout cela pendant presque deux décennies reste dans l’oubli institutionnel ?
Bocar Samba Diéye est exactement le champion que vous cherchez à célébrer. Il n’a pas attendu l’État pour entreprendre. Il n’a pas capitulé face à l’adversité. Il a résisté là où beaucoup auraient abandonné. C’est cela, un champion national.
Bocar Samba Diéye ne réclame pas une faveur. Il ne demande pas la charité. Il demande ce que la République lui doit : qu’une table ronde réunissant toutes les parties concernées soit organisée, pour lever toute ambiguïté, dire le droit clairement, et restaurer son honneur.
À un âge où beaucoup aspirent au repos, cet homme continue de se battre — non dans la violence, non dans l’invective — mais dans la dignité et la foi en ses institutions.
Monsieur le Président, sensibilisez-vous à sa cause. Que SunuChampions ne soit pas seulement une vitrine pour les champions de demain, mais aussi une réparation pour les champions d’hier que l’État a laissés dans l’ombre.
Dix-huit ans, c’est trop.
Il est temps.
