www.enligne.sn

Coronavirus : la pandémie dope le trafic de produits pharmaceutiques

Près de 20 millions de produits pharmaceutiques de contrebande ont été saisis depuis février lors d’une opération coordonnée par Interpol. La forte demande du marché en protections et produits d’hygiène a fait exploser le trafic. Antalgiques, corticoïdes, anesthésiants mais aussi masques, gants, lunettes, thermomètres : près de 20 millions de produits pharmaceutiques de contrebande ont été saisis depuis février au Moyen-Orient et en Afrique du Nord lors d’une opération coordonnée par Interpol. L’opération, qui durait du 1er février au 1er avril 2020, a coïncidé avec la pandémie de coronavirus et a vu une tendance au trafic d’articles liés au COVID-19. Parmi les saisies figuraient notamment 61 000 masques respiratoires et un respirateur artificiel au Maroc, 63 418 masques faciaux et 360 produits désinfectants en Jordanie, et 85 000 produits médicaux (masques faciaux, gants, thermomètres, lunettes médicales) au Qatar. « L’épidémie de la maladie a offert une opportunité d’argent rapide aux criminels, qui ont profité de la forte demande du marché pour les produits de protection individuelle et d’hygiène » note Interpol dans un communiqué.

Une vague de médicaments contrefaits

L’Irak, la Jordanie, le Koweït, la Libye, la Maroc, le Qatar et l’Arabie Saoudite ont participé à ces saisies dans leurs ports, aéroports, entrepôts, zones franches, pharmacies et autres lieux de vente. Ainsi, en Irak, plus de 760 000 boîtes de médicaments, d’une valeur estimée à environ 2 M$ ont été saisies dans sept conteneurs. Au Koweït, ce sont 10 millions de pilules, principalement de tramadol (antalgique opiacé), qui ont été découvertes. « Le trafic de tramadol concerne de nombreux pays de la région et est mené par des groupes terroristes qui financent ainsi leurs opérations », souligne Interpol, insistant sur le « danger pour la santé » de ces médicaments de contrefaçon achetés par les personnes les plus vulnérables. Une tendance à l’augmentation du trafic de produits pharmaceutiques qui se confirme : en 2018, la première phase de cette opération baptisée Qanoon avait abouti à la saisie de 1,5 million d’unités de produits médicaux, comparés aux quelque 20 millions saisis cette année du 1er février au 1er avril.

Votre avis

Facebook