Mame Coumba Diop, ministre auprès du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, chargée de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, a donné lundi le top départ vers la 18e édition de la Foire Internationale du Livre et du Matériel Didactique de Dakar (FILDAK). Cette édition se tiendra du 15 au 19 octobre prochains, avec l’Égypte comme pays invité d’honneur. La cérémonie d’ouverture sera présidée par le président Bassirou Diomaye Faye.
Mame Coumba Diop précise que le thème de cette 18e édition, « Bibliothèque, transmission, souveraineté », traduit une ambition qui dépasse le cadre du seul salon littéraire. Dans un contexte où la souveraineté culturelle s’affirme comme un enjeu majeur pour le Sénégal et le continent, la FILDAK entend placer le livre africain au cœur des politiques publiques de transmission du savoir. Il s’agit, explique-t-elle, de réaffirmer que la bibliothèque, loin d’être un simple dépôt d’ouvrages, demeure un outil stratégique de souveraineté intellectuelle, capable de préserver la mémoire collective tout en l’adaptant aux réalités contemporaines. Il ne s’agit pas seulement de célébrer le livre et ses métiers, mais d’interroger sa fonction dans la construction d’un Sénégal souverain, prospère et ancré dans des valeurs fortes. La leçon inaugurale autour de ce thème sera donnée par Ibrahima Wane, professeur titulaire de littérature africaine orale à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
Une des particularités de cette édition est l’intégration d’un volet Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) dans le contenu du programme. Hommage sera également rendu aux Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal (NEAS), élevées au rang d’institution marraine de la présente FILDAK. Autre innovation notable, la délocalisation de la manifestation qui se tiendra au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose, et non au CICES qui l’abritait depuis la 1ère édition tenue en 1985. C’est en effet le CICES qui détient la propriété intellectuelle de la FILDAK, mais à partir de 2003, le ministère de la Culture a intégré son organisation dans la mise en œuvre de sa politique de promotion et de valorisation de l’industrie du livre.
La tutelle indique aussi que cette relance de la FILDAK, après une pause depuis 2018, s’inscrit dans l’ère du numérique, qui bouleverse les usages de la lecture et les modes de diffusion du livre. La FILDAK ambitionne d’accompagner cette mutation en intégrant les outils numériques – plateformes de diffusion, bibliothèques en ligne, édition assistée par le numérique – comme leviers complémentaires, et non concurrents, du livre imprimé. Le monde des lettres sera aussi récompensé à travers le Prix Aminata Sow Fall de la créativité, destiné aux jeunes écrivains, et le Prix Alioune Diop de l’édition, qui distingue la meilleure maison d’édition africaine. Un pré-colloque rendra hommage à des personnalités ayant marqué les lettres sénégalaises, et une semaine d’activités rassemblera les professionnels du livre et le grand public (conférences, animations, dédicaces, visites de stands, animations…).
Source : La Tribune