Vote parlementaire vs référendum : Pastef impose sa réforme, Diomaye joue la carte populaire

Le 29 juin 2026, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, en séance plénière houleuse, la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution, portée par le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes.

Le texte, qui vise à réviser une vingtaine d’articles (renforcement des pouvoirs de l’Assemblée et du Premier ministre, transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, rééquilibrage institutionnel, etc.), a été voté à l’unanimité des 129 députés présents (sur 165 inscrits), sans voix contre ni abstention.

Déroulement tendu

La séance a été marquée par des tensions : manifestations aux abords de l’hémicycle, expulsion d’un député de l’opposition (APR/Takku Wallu Sénégal) et boycott partiel du vote par l’opposition. Les amendements proposés par le gouvernement ont été rejetés.

La question décisive : vote parlementaire ou référendum ?

  • Adoption parlementaire : En tant que proposition d’origine parlementaire, le texte pouvait être définitivement adopté à la majorité des 3/5 sans référendum. Pastef dispose de cette supermajorité.
  • Voie référendaire : Le gouvernement a annoncé que le président Bassirou Diomaye Faye choisissait de soumettre le texte à un référendum populaire. Cette décision contourne la possibilité d’une adoption purement parlementaire et répond aux demandes de l’opposition et de la société civile, qui réclamaient une consultation directe du peuple sur une réforme aussi importante.

Perspectives

Le processus entre désormais dans sa phase d’approbation populaire. La date du référendum n’est pas encore fixée, mais elle devrait être annoncée prochainement par le chef de l’État. Cela cristallise les tensions entre le président Faye et Ousmane Sonko, avec des désaccords sur l’équilibre des pouvoirs et la composition du gouvernement. L’opposition dénonce une manœuvre politique, tandis que la majorité défend une modernisation des institutions.

Le référendum offrira une légitimité populaire au texte, mais ouvre aussi la voie à une campagne qui pourrait accentuer les divisions politiques au Sénégal.  

enligne.sn

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