Présentant le projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027 devant la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a qualifié son texte de « budget de responsabilité » qui « fait des choix difficiles, mais justes et nécessaires ». S’inscrivant dans la continuité de la « Vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère à l’horizon 2050 », le ministre a articulé son allocution autour des priorités, des réorientations de dépenses et des impacts concrets pour les populations.
Un choix assumé de rigueur budgétaire et de vérité des chiffres
Selon le ministre, l’exercice a été préparé dans un « environnement international marqué par un niveau élevé d’incertitude », accentué par les tensions au Moyen-Orient et la hausse des coûts énergétiques. Face à une croissance projetée à 1,5 % pour 2027, le représentant du Gouvernement a affirmé : « Ce chiffre n’est pas un renoncement. Il est le prix assumé du redressement. Nous avons choisi la vérité des chiffres plutôt que des hypothèses flatteuses que la réalité aurait démenties aisément. »
Pour redresser les finances publiques, le ministre a mis en avant les efforts de consolidation réalisés, indiquant que le déficit budgétaire est ramené de 7,6 % à 4,7 % du PIB. Selon lui, « un pays qui maîtrise sa dette maîtrise ainsi son destin ». Le texte prévoit également la mise en place d’un mécanisme strict où « aucun prêt et aucun don ne pourra plus être exécuté en dehors du circuit budgétaire » afin de garantir la traçabilité des fonds.
Des arbitrages recentrés sur le social et le soutien au secteur privé
Le ministre a détaillé plusieurs choix d’arbitrage forts visant à protéger les couches vulnérables et à relancer l’économie réelle. Le budget consacre notamment le « doublement des Bourses de sécurité familiale, qui passent de 70 milliards en 2026 à 140 milliards FCFA en 2027 », pour bénéficier à plus d’un million de ménages.
Du côté des entreprises, le ministre a insisté sur la nécessité de solder les dettes passées pour « remettre de la trésorerie dans l’économie réelle ». Il a déclaré à ce sujet : « Au total, entre 2025 et 2027, l’Etat aura apuré la dette due au secteur privé à hauteur de 1 280 milliards. »
Un appel solennel au vote de l’Assemblée nationale
En conclusion de son intervention, tout en saluant l’exigence de rigueur et de transparence formulée par les parlementaires, le ministre Cheikh Diba a invité les députés à accorder leur confiance au texte gouvernemental. Il a souligné que l’adoption du projet constituait bien plus qu’une simple approbation comptable : « En votant ce budget, vous ne validez pas simplement un équilibre comptable mais vous validez surtout un engagement national, celui de restaurer la confiance, de libérer les énergies productives et de bâtir un avenir commun, juste et solidaire. » Le ministre a ainsi exhorté la représentation nationale à adopter ce projet de loi « au service du Sénégal et des Sénégalais ».