Montée en puissance du nationalisme : Les fraudes impliquant des étrangers propulsent Tahirou Sarr dans les sondages

Alors que les scandales de fraude sur la nationalité se multiplient, le leader du mouvement Jël Liñu Moom, Tahirou Sarr, voit son discours gagner du terrain. Face à la pression populaire montante, le gouvernement Sonko annonce la mise en place d’un « dispositif national intégré de sécurisation des documents administratifs ».

Tahirou Sarr, député et leader des Nationalistes (Jël Liñu Moom), tire un bénéfice politique notable des scandales répétés de fraudes à l’état civil. La dernière affaire en date, celle du lutteur Bébé Diène, illustre parfaitement le phénomène. Derrière le nom de Mamadou Thiam se cache Amadou Cheikhou Diallo, ressortissant guinéen, qui a obtenu frauduleusement des actes d’état civil sénégalais via un adjoint au maire de Wakhinane Nimzatt. Cette affaire a révélé un réseau plus large impliquant des numéros d’état civil sénégalais attribués à des ressortissants étrangers.  Ces dérives ne sont pas isolées. Des réseaux de falsification d’extraits de naissance, certificats de nationalité et CNI impliquant des ressortissants guinéens ont été démantelés à plusieurs reprises. Face à cela, les positions fermes de Tahirou Sarr sur la fraude documentaire, l’occupation anarchique des espaces publics et la préservation de la souveraineté nationale rencontrent un écho grandissant. Bien sûr, tous les immigrés ne sont pas en cause. Mais les dérives répétées de certains groupes, notamment guinéens selon les enquêtes judiciaires, exaspèrent ceux qui se sentent envahis.

LE DISCOURS D’OUVERTURE DE SONKO CONTESTÉ, LE GOUVERNEMENT ANNONCE UN CONTRÔLE ACCRU DES PAPIERS

La concentration dans le commerce et le transport, combinée aux usurpations d’identité, nourrit une perception de perte de contrôle, d’une dilution progressive de l’identité nationale. Les propositions de Tahirou Sarr — carte de séjour obligatoire, contrôle strict des flux, priorité aux nationaux — répondent directement à cette angoisse. Il dit tout haut ce que beaucoup de Sénégalais constatent tout bas. Le gouvernement n’est pas resté sourd à ces observations. Lors du Conseil des ministres tenu avant-hier, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé un chantier stratégique de sécurisation de l’ensemble des documents officiels de l’État (diplômes, passeports, CNI, actes à incidence financière). La mise en place d’un « dispositif national intégré de sécurisation des documents administratifs » traduit une prise de conscience réelle. Cette mesure arrive à point nommé, alors même que le discours d’ouverture panafricaine porté par Ousmane Sonko est fortement contesté et remis en question par la fibre nationaliste montante.  Sur fond de préférence nationale impérative.

Mohamed Ndjim (Tribune)

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