Le Cored rappelle aux chroniqueurs les limites de la liberté de ton

Le Cored rappelle aux chroniqueurs les limites de la liberté de ton

Le Conseil pour l’Observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored) a tenu, mercredi 25 février à la Maison de la presse Babacar Touré, son dixième « Cas d’école » ; un rendez-vous bimestriel sur des thèmes d’actualité. Le thème retenu, « La chronique, un genre journalistique majeur dévoyé », a permis d’ouvrir un débat franc sur les dérives qui menacent ce genre dans le paysage médiatique sénégalais. Le panel, animé par Sidy Diop, conseiller éditorial au journal Le Soleil, Pape Samba Kane, journaliste et écrivain, Henriette Niang Kandé, chroniqueuse à Sud Quotidien, a réuni journalistes, étudiants, acteurs de la société civile et responsables de médias. Les panélistes ont d’emblée rappelé que la chronique est un genre de prise de position fondé sur une subjectivité assumée, éclairée et argumentée. Elle n’est ni un billet d’humeur improvisé, ni un espace de règlements de comptes. Sa liberté de ton implique, au contraire, une responsabilité accrue, tant elle est susceptible d’influencer l’opinion publique et de nourrir — ou d’appauvrir — le débat démocratique. Les échanges ont également mis en lumière une banalisation inquiétante du genre, exacerbée par l’essor des réseaux sociaux et des plateformes numériques. La prolifération de « chroniqueurs autoproclamés », souvent sans formation ni encadrement éditorial, installe un climat où l’invective et la recherche du buzz prennent le pas sur la réflexion et l’argumentation. Sidy Diop a ainsi plaidé pour une réhabilitation de la chronique comme espace de pensée, appelant les rédactions à assumer leur responsabilité éditoriale en choisissant leurs chroniqueurs avec rigueur. Pape Samba Kane a, pour sa part, mis en garde contre une conception dévoyée de la liberté d’expression, rappelant que diffamation, injure et désinformation ne sauraient être justifiées par le statut de chroniqueur. Henriette Niang Kandé, forte de son expérience sur le terrain, a insisté sur la nécessité d’une discipline intellectuelle constante et d’une vigilance face aux dérives émotionnelles et idéologiques. À travers ce « cas d’école », le Cored entend rappeler que la chronique n’est pas un simple droit à la parole, mais un engagement intellectuel et moral qui engage son auteur, son média et la qualité du débat démocratique.

Source : Tribune

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