Cette semaine, dans l’indifférence quasi générale, le Ministre de l’Énergie et du Pétrole a publié un communiqué annonçant la signature d’un Protocole d’Accord avec Eni sur cinq blocs offshore. Peu de Sénégalais y ont prêté attention. Ils devraient cependant.
Car pendant que le Gouvernement agite un supposé manque à gagner de 55 millions de dollars pour justifier son changement de cap sur Yakaar-Teranga, ce même Protocole porte entre autres sur le bloc SN07M, qui est Yakaar-Teranga lui-même. (En bleu dans la 1ere photo et le numéro 4 dans la 2eme)


Yakaar-Teranga n’a besoin d’aucune nouvelle évaluation. Elle a déjà été faite: des années d’études techniques, de données sismiques, de rapports d’ingénierie, de travaux de framing studies menés avec des partenaires internationaux de premier plan (TPAO, Worley, Subsea 7, Baker Hughes, Wison). Ce travail existe, il est documenté, il a un coût déjà payé par l’État sénégalais.
Ce bloc n’a pas été donné au Sénégal. Il a été repris de haute lutte : le retrait de Kosmos en avril 2026 a rendu à PETROSEN plus de 20 Tcf de gaz récupérable, sans compensation financière, sans arbitrage, sans procès.
Et c’est précisément ce bijou reconquis que l’on s’apprête à rouvrir à un nouvel acteur étranger, sous couvert d’un simple « protocole d’études »: qui a décidé de négocier Yakaar-Teranga avec Eni, et pourquoi, alors que PETROSEN pouvait en être l’opérateur à 100% et que le travail technique est fait ?
Le Président Diomaye et le Ministre Abdourahmane Diouf doivent des comptes au peuple sénégalais.
Par Alioune GUÉYE, ancien DG PETROSEN HOLDING SA.