Fin officielle, ce jeudi, de la présence militaire française au Sénégal

Le camp Geille de Ouakam (Dakar) abrite, ce jeudi, la cérémonie marquant la fin officielle de la présence de l’armée française au Sénégal, avec la restitution des dernières emprises militaires. La cérémonie officielle marquant la fin de la restitution des bases des éléments français au Sénégal est prévue à partir de 09 h, sous la présidence du général de corps d’Armée Mbaye Cissé, chef d’état-major général des Armées. Elle sera marquée, entre autres, par une prise d’armes et les lectures des allocutions du général de division Pascal Ianni, en charge du commandement français pour l’Afrique et du général de corps d’armée, chef d’état-major général des Armées sénégalaises, Mbaye Cissé.

Le camp Geille, plus grande installation militaire française, et l’escale aéronautique militaire, située à l’aéroport de Diass, seront restitués à l’Etat sénégalais. La France a restitué la station d’émission interarmées située à Rufisque conformément à la volonté des nouvelles autorités sénégalaise de mettre fin à toutes les présences militaires de pays étrangers au Sénégal, dès 2025. Cette mesure a été prise conformément à la décision de la commission conjointe du 16 mai 2025, dans le respect de la procédure établie dans le traité instituant un partenariat en matière de coopération militaire entre la République française et la République du Sénégal du 18 avril 2012. Le 12 février, dernier le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères et du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères avaient, dans un communiqué conjoint, annoncé la mise en place d’une commission conjointe franco-sénégalaise. Les deux parties se sont réunies, le 16 mai, pour examiner ”le calendrier et les modalités de remise à disposition du Sénégal des dernières emprises utilisées par les Éléments français au Sénégal”, selon un communiqué, soulignant que ”cette commission a également poursuivi les travaux de rénovation du partenariat bilatéral de défense et de sécurité qui a débouché sur ce retrait des armées françaises”. La France a, déjà, restitué le 7 mars, les emprises Maréchal et Saint-Exupéry situées à proximité du parc de Hann de même que le quartier ‘’Contre-Amiral Protet’’ situé sur le port de Dakar, rétrocédé le 15 mai dernier.

Un accord de défense franco-sénégalais signé en 1960 a fixé le cadre juridique de la présence militaire française au Sénégal, reposant notamment à l’époque sur l’affirmation d’un système de défense commune et l’assistance mutuelle contre toute menace. Différentes unités terrestres, marines et aériennes françaises se sont alors succédé au Sénégal. De 1974 à 2011, l’accord de coopération et de défense et de coopération est réactualisé avec l’avènement des Forces françaises du Cap-Vert crées en 1974. Des unités combattantes sont présentes au Sénégal et ont pour mission de concourir, si nécessaire, à la défense de l’intégrité territoriale du pays face à une agression extérieure. Ce partenariat reposait sur 3 aspects : une coopération militaire opérationnelle avec les forces armées sénégalaises, des coopérations civilo-militaires au profit des populations locales et la recherche et le sauvetage sur terre et en mer. Les Forces françaises du cap Vert représentent à cette époque environ 1600 personnels militaires/civils. Elles étaient composées d’un Etat-major interarmées, d’unités opérationnelles: 23e BIMa à Bel-Air, Base Aérienne de Ouakam, Unité marine du Cap-Vert, un avion de patrouille maritime avec son équipage pour la recherche et le sauvetage, des de directions et de services de soutien, une brigade de gendarmerie prévotale. En 2011, les FFCV laissent la place aux Eléments français au Sénégal sur fond de réduction des effectifs, (350 militaires environ). Le changement de la forme de partenariat militaire est entériné par la signature d’un accord instituant un partenariat en matière de coopération.

Dorénavant, la défense de l’intégrité du territoire est assurée par les seules armées sénégalaises. Il n’y a plus alors d’unités combattantes françaises mais seulement un état-major, des instructeurs spécialisés. Jusqu’en 2024 et la création, à Paris, d’un nouvel Etat-Major de niveau opératif (le commandement pour l’Afrique), les EFS, en tant que pôle de coopération à vocation régionale, aux ordres d’un officier général, étaient en charge de la planification et de la conduite de partenariat militaire opérationnelle dans une zone de responsabilité qui recouvre les pays de la CEDEAO at la Mauritanie. L’avènement en mars 2024, au Sénégal, d’un nouveau régime dont les tenants se réclament souverainistes marquent un tournant dans cette coopération militaire. Le 31 décembre 2024, le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, déclare que le Sénégal allait travailler à l’avènement d’une nouvelle doctrine de coopération impliquant la fin dès 2025, de toutes les présences militaires étrangères sur le sol sénégalais.

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