Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a accordé une audience ce jeudi 6 août 2026 à une délégation de l’organisation Dar Al Istiqaamah. Les échanges ont porté sur la réforme du Code de la famille, le renforcement de la présence des cadis dans les juridictions et le respect du principe d’égalité devant la loi.
Conduite par le Dr Cheikh Mohamed Ahmad Lô, la délégation de Dar Al Istiqaamah — comprenant également les Dr Serigne Elimane Ndiaye et Moustapha Gueye, ainsi que Cheikh Oumar Diallo et Cheikh Moussa Diop — a été reçue par le ministre de la Justice pour aborder plusieurs problématiques juridiques et institutionnelles. Au cœur des discussions, les représentants de Dar Al Istiqaamah ont souligné la nécessité de réviser le cadre législatif actuel relatif à la famille.
Les membres de la délégation ont notamment estimé que « certaines dispositions du Code de la famille ne sont pas adaptées aux réalités sociologiques, culturelles et religieuses du Sénégal, particulièrement en matière de succession et de divorce ». Parallèlement à cette demande de réforme, la délégation a attiré l’attention du Garde des Sceaux sur « l’insuffisance, voire l’absence, de cadis dans certains tribunaux d’instance, ainsi que sur leurs conditions de formation ». Des propositions ont été remises au ministre dans l’optique de renforcer la présence de ces juges musulmans au sein des juridictions concernées.
La délégation a en outre fait part d’un « sentiment de rupture de l’égalité devant la loi », affirmant que « certaines procédures impliquant quelques-uns de ses membres feraient l’objet d’un traitement différencié en raison de leur appartenance ». Selon les représentants de l’organisation, cette situation nécessite une vigilance particulière pour la préservation de la paix et de la cohésion sociale. En ouverture de séance, la délégation avait tenu à saluer « l’esprit d’ouverture du ministre ainsi que les premières initiatives entreprises depuis sa prise de fonction », estimant qu’elles contribuent au rayonnement du service public de la justice. En réponse aux doléances exprimées, Me Moussa Sarr a indiqué qu’il « examinerait la possibilité de pourvoir en cadis certains tribunaux d’instance où il n’en existe pas ».
Sur la question des procédures judiciaires et du sentiment d’injustice évoqué, le ministre de la Justice a rappelé le principe fondamental de l’égalité de tous les citoyens devant la loi, précisant qu’il veillera au strict respect de ce principe. Concernant la révision du Code de la famille, le Garde des Sceaux a pris note des remarques formulées en écoutant avec intérêt l’ensemble des préoccupations soumises par ses hôtes.