Thomas Pesquet, astronaute de l’Agence Spatiale Européenne, a animé hier, à Sorano, une rencontre de promotion des métiers scientifiques auprès des jeunes – en particulier dans les domaines de l’aéronautique et de l’aérospatial. Face à une jeunesse sénégalaise dont il souligne l’énergie et la passion pour le secteur spatial et les disciplines techniques, l’astronaute européen a appelé à la mobilisation de tous les talents pour répondre aux défis majeurs de demain. Selon lui, le secteur spatial constitue un levier essentiel pour faire face aux enjeux environnementaux et sociétaux : « Le secteur spatial ça sert à ça, ça sert à répondre aux changements climatiques, ça sert à aider la société de plein de manières », a-t-il déclaré, formant le souhait que la rencontre incitera des jeunes à « se jeter dedans » et à « essayer de solutionner tous ces problèmes-là ».
Interrogé sur la constitution d’une véritable filière spatiale, Thomas Pesquet a précisé que le développement du secteur repose prioritairement sur l’éducation technique et scientifique, depuis le lycée jusqu’au supérieur (formations de techniciens, d’ingénieurs, de chercheurs et de scientifiques). Il a mis en avant un parcours combinant formations locales et échanges internationaux : « Il faut aussi s’exposer à ce que font tous les autres pays et ensuite revenir ici, développer cette filière-là, c’est ce que fait l’Agence Sénégalaise d’Etudes Spatiales et c’est ce que moi je suis venu encourager ici. » Au plan institutionnel et diplomatique, l’astronaute est revenu sur les partenariats attendus avec l’Agence Spatiale Européenne. Rappelant que « le spatial, c’est de la coopération », il s’est appuyé sur l’action de l’Agence Sénégalaise d’Études Spatiales (ASES), dirigée depuis trois ans par Maram Kairé, pour illustrer l’intégration du Sénégal dans les instances internationales et les grands programmes mondiaux, à l’instar des projets Artemis de retour vers la Lune ou d’accords bilatéraux.
CONSOLIDER LE PARTENARIAT NORD-SUD
Actuellement en séjour de trois jours au Sénégal dans le cadre de ses activités internationales, Thomas Pesquet a également effectué une visite de travail d’une matinée dans les locaux de l’ASES. Outre ses échanges avec les autorités de l’agence, son programme prévoit des visites au sein des universités locales. S’il qualifie ce déplacement de « visite plutôt d’amitié, d’inspiration pour la jeunesse », il réaffirme la volonté de consolider le partenariat Nord-Sud : « Des accords existent et vont continuer à exister dans le futur. On a envie de renforcer ce partenariat-là. Le but, c’est de nouer des amitiés, c’est de nouer des accords, c’est de planter une petite graine. Et on espère que dans quelques années, elle va fleurir et on va pouvoir revenir. »
Cette rencontre est née d’une amitié construite à l’INSEAD, où Thomas Pesquet et Gabriel Faye se sont rencontrés au cours de leur Executive MBA. Au-delà des parcours professionnels très différents, ils se sont retrouvés autour d’une même conviction : le savoir n’a de valeur que lorsqu’il est partagé. Comme le précise Gabriel Faye : « cet événement n’a pas été créé pour célébrer un astronaute. Il a été imaginé pour donner à des milliers de jeunes l’envie de croire en leurs propres possibilités. Si un enfant quitte cette salle en se disant : “Moi aussi, je peux devenir ingénieur, chercheur ou astronaute”, alors nous aurons réussi quelque chose d’important. »
Mohamed Ndjim