La fête de l’Aïd el-Kébir, également appelée Aïd al-Adha ou « fête du sacrifice », sera célébrée à partir du 27 mai 2026, selon la Grande Mosquée de Paris et le Conseil français du culte musulman, après l’observation du croissant lunaire marquant le début du mois de Dhul-Hijjah.
L’une des principales fêtes du calendrier musulman, elle commémore, selon la tradition islamique, l’épreuve imposée au prophète Ibrahim (Abraham), à qui Dieu demanda de sacrifier son fils Ismaïl avant de substituer un bélier au dernier moment. La célébration marque également la fin du Hajj, le grand pèlerinage annuel à La Mecque.
Une fête religieuse célébrée dans le monde entier
Le matin de l’Aïd, les musulmans se réunissent traditionnellement dans les mosquées pour la prière collective avant de procéder au sacrifice rituel d’un mouton, d’une chèvre ou d’un autre animal autorisé.
Selon la tradition, la viande est ensuite répartie entre la famille, les proches et les personnes dans le besoin. La fête est aussi marquée par des rassemblements familiaux, des repas collectifs et l’échange de cadeaux.
France : un dispositif d’encadrement renforcé
En France, où plus de 100.000 moutons sont abattus durant l’Aïd el-Kébir selon le ministère de l’Agriculture, les autorités mettent en place chaque année un important dispositif d’organisation pour encadrer le sacrifice rituel.
Le ministère de l’Intérieur et celui de l’Agriculture décrivent cette fête comme un « véritable défi logistique », mobilisant préfectures, collectivités locales, services vétérinaires, associations musulmanes et professionnels de l’élevage sur une période de un à trois jours.
Pour faire face à l’afflux d’animaux, des abattoirs temporaires sont autorisés chaque année en complément des structures permanentes. En 2015, 64 abattoirs temporaires avaient été agréés aux côtés de 125 abattoirs pérennes mobilisés pour la fête.
Les autorités rappellent que l’abattage rituel hors abattoir agréé, y compris à domicile ou « à la ferme », est strictement interdit et passible de six mois d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.
Le guide interministériel insiste également sur la traçabilité des animaux. Les moutons doivent être identifiés par des boucles électroniques et accompagnés de documents de circulation. Un animal non identifié ne peut pas être destiné à la consommation humaine.
Les services vétérinaires sont présents en permanence dans les abattoirs afin de contrôler l’état sanitaire des animaux, les conditions d’abattage et la salubrité des carcasses avant leur mise sur le marché.
Les autorités françaises mettent aussi l’accent sur les règles de protection animale, avec des consignes strictes concernant le transport, l’hébergement et la manipulation des animaux afin de limiter toute souffrance évitable.
Le gouvernement souligne enfin que l’organisation de l’Aïd el-Kébir se situe « à la croisée » de la liberté de culte, du principe de laïcité, des règles sanitaires et des exigences de protection animale.
France : absences scolaires et professionnelles encadrées
Cette année, l’Aïd el-Kébir tombe en semaine, à quelques jours des examens de fin d’année.
Dans la fonction publique, une circulaire de 2012 autorise une journée d’absence pour fête religieuse, sous réserve des nécessités de service.
Dans les établissements scolaires, une circulaire de l’Éducation nationale prévoit que des autorisations d’absence puissent être accordées pour plusieurs grandes fêtes religieuses, dont l’Aïd al-Adha. Les parents doivent généralement prévenir les établissements à l’avance.
Tunisie : forte affluence dans les marchés aux bestiaux
En Tunisie, les marchés aux bestiaux connaissent une forte activité à l’approche de la fête.
À Tunis et dans plusieurs villes du pays, les habitants se rendent dans les points de vente organisés par l’État pour rechercher un mouton adapté à leur budget.
Des habitants interrogés, par Anadolu, évoquent une hausse des prix par rapport aux années précédentes, certains affirmant devoir s’endetter pour acheter un animal destiné au sacrifice.
Les autorités tunisiennes ont également mis en place des points de vente encadrés avec commercialisation au kilogramme afin de réguler les prix.
Maroc : les marchés retrouvent leur effervescence
Au Maroc, les marchés aux bestiaux ont retrouvé leur activité après plusieurs périodes de sécheresse ayant affecté le cheptel.
Dans les environs de Rabat, vendeurs et acheteurs affluent de nouveau dans les marchés, notamment pour les races ovines prisées comme la Sardi ou la Barki.
Les éleveurs expliquent toutefois que la hausse persistante du coût des aliments pour bétail continue de peser sur les prix pratiqués, malgré le retour des pluies ayant amélioré les pâturages.
Dans certaines familles, l’achat du mouton représente une dépense importante à l’approche de la fête.
Sénégal : Dakar transformée en marché géant de moutons
Au Sénégal, où l’Aïd al-Adha est appelée localement « Tabaski », les avenues et les plages de Dakar se sont transformées en marchés temporaires accueillant des milliers de moutons.
Des vendeurs venus de différentes régions du pays ont installé des tentes le long des grands axes routiers et dans plusieurs quartiers de la capitale.
Les prix des moutons varient entre 100.000 et 250.000 francs CFA, selon les vendeurs et la taille des animaux.
Les scènes de troupeaux installés au bord de l’océan Atlantique, à proximité des pirogues de pêche, attirent également de nombreux habitants à quelques jours de la fête.
Une célébration au croisement du religieux et de l’économique
Au-delà de sa portée spirituelle, l’Aïd al-Adha apparaît comme un révélateur des réalités économiques et sociales traversant de nombreux pays musulmans.
Dans plusieurs États, les autorités cherchent à encadrer l’organisation du sacrifice rituel, tandis que de nombreuses familles tentent de préserver une tradition profondément ancrée malgré la hausse du coût de la vie.