Retour des pèlerins catholiques : Me Moussa Sarr délivre un message de paix, de justice et de fraternité au nom du Gouvernement

Au terme de trois semaines de prière, de recueillement et de pénitence dans les hauts lieux de la chrétienté, les 350 pèlerins sénégalais ont regagné Dakar, dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 septembre. Placée sous le thème « Pèlerins de justice et de paix », cette édition a été marquée, lors de la cérémonie d’accueil à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), par une intervention particulièrement axée sur le rapport entre justice, dignité humaine et paix.

Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a choisi de revenir au cœur même du thème qui a accompagné les pèlerins durant leur parcours spirituel. Pour le ministre, justice et paix ne sauraient être envisagées comme deux notions distinctes. Elles constituent, au contraire, deux exigences qui se renforcent mutuellement. « La paix véritable ne peut se construire sans justice, et une justice inspirée par la dignité humaine doit nécessairement conduire à la paix », a-t-il déclaré.

A travers cette prise de parole, Me Moussa Sarr inscrit la question de la paix dans une conception plus large que la simple absence de tensions ou de conflits. La paix suppose un ordre social dans lequel chacun peut être reconnu dans ses droits, traité avec équité et considéré dans sa dignité. Elle ne peut donc être durable lorsqu’elle repose sur l’injustice, l’exclusion ou le sentiment d’un traitement inégal.

Cette approche rejoint d’ailleurs les fondements de la doctrine sociale chrétienne, qui établit un lien étroit entre la paix, la justice, la dignité de la personne et la recherche du bien commun. La paix est ainsi conçue comme une construction permanente, nécessitant le respect des droits de chacun et la responsabilité collective.

Un message qui rejoint les préoccupations du Sénégal

La portée du propos du Garde des Sceaux dépasse le seul cadre religieux de la cérémonie. Prononcé par le ministre chargé de la Justice, il résonne avec les préoccupations actuelles autour de la consolidation de l’État de droit, de l’égalité des citoyens devant la loi et de la protection des personnes vulnérables.

Depuis sa prise de fonction, Me Moussa Sarr a d’ailleurs placé la question de l’égalité devant la loi et de la dignité humaine parmi les préoccupations affichées de son département. Lors d’une rencontre avec le mouvement Al Falah, il avait notamment réaffirmé sa volonté de veiller à l’égalité de traitement des citoyens devant la loi, à la protection des personnes vulnérables et à la consolidation des valeurs de la société sénégalaise.

Dans un autre échange avec l’ONG 3D, le ministre avait également insisté sur la nécessité de placer le citoyen au cœur de la réflexion sur la justice et annoncé des mesures concernant notamment la détention provisoire et la rationalisation des mandats de dépôt.

Son intervention devant les pèlerins apparaît ainsi comme le prolongement d’une même vision : la justice n’est pas uniquement une institution ou un ensemble de procédures ; elle est aussi une exigence humaine et sociale qui doit contribuer à préserver la paix et la cohésion nationale.

Moment de réflexion sur la société

Le contexte donne une résonance particulière au message du ministre. Pendant trois semaines, les pèlerins ont parcouru plusieurs hauts lieux de la chrétienté (Rome, Assise, Lourdes, Saint-Jacques-de-Compostelle et Fatima) dans une démarche placée sous le signe de la justice et de la paix. La Rts avait également relevé, au moment du départ, que ces deux notions figuraient au centre des messages adressés aux pèlerins.

Le retour au Sénégal constitue donc plus qu’une simple fin de voyage. Il ouvre une nouvelle étape : celle de la traduction, dans la vie quotidienne, des valeurs méditées pendant le pèlerinage. C’est précisément dans cette perspective que le propos de Me Moussa Sarr prend tout son sens. La justice et la paix ne doivent pas rester des « concepts spirituels ou des mots de circonstance ». Elles doivent se « traduire par des comportements, des institutions et des rapports sociaux fondés sur le respect de la personne humaine ».

Responsabilité collective

En rappelant que la paix véritable passe nécessairement par la justice, le Garde des Sceaux adresse finalement un message qui dépasse les seuls pèlerins catholiques. Il concerne l’ensemble de la société sénégalaise. Car une paix durable suppose que chacun se sente respecté, entendu et protégé. Elle exige également que la justice soit perçue comme impartiale, accessible et attachée à la dignité de tous, sans distinction.

Le message porté par les pèlerins au terme de leur périple rejoint ainsi une préoccupation profondément sénégalaise : préserver la concorde nationale en faisant de la justice, de la fraternité et du respect de la dignité humaine les fondements d’une paix durable.

La cérémonie d’accueil, conclue par la bénédiction de Monseigneur Augustin Ndiaye, aura ainsi permis de donner au retour des pèlerins une dimension à la fois spirituelle et citoyenne : revenir des lieux saints avec la paix dans le cœur, mais aussi avec la responsabilité de contribuer à la faire vivre dans la société.

Félix NZALE

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