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Usure du pouvoir : l’imam Dicko met en garde les militaires

Il a incarné le mécontentement des Maliens contre le président déchu Ibrahim Boubacar Keïta. S’il s’est mis volontairement en retrait depuis que les militaires ont pris le pouvoir le 18 août, l’Imam Dicko conserve une véritable influence en tant qu’autorité morale du mouvement M5-RFP, à la base de la contestation.

Au micro de France Inter, il salue l’action des militaires putschistes. Il les invite cependant à ne pas céder à la tentation de s’éterniser au pouvoir. L’imam dit avoir remercié les militaires « Tout simplement parce qu’ils ont arrêté quelque chose qui a conduit à ce qui s’est passé le 10, 11 et 12 juillet… « Il y a eu mort d’hommes, il y a eu des tirs à balles réelles. Les manifestants allaient continuer, ils n’étaient pas prêts à baisser le bras. On se dirigeait vers une situation d’embrasement. Si cela a pu s’arrêter, tant mieux. Je les ai salués pour ça. Maintenant, je ne les ai pas salués pour qu’ils viennent s’accaparer le pouvoir et nous imposer un pouvoir militaire, pas du tout. Je pense qu’ils comprennent les enjeux. Maintenant, ils doivent trouver le chemin des élections. Inchallah. prône-t-il.

De la même manière, il plaide pour que la transition civile soit organisée. «  » On sent chez eux (les militaires) des velléités de garder la main. Personne n’est dupe. Mais qui leur demande de faire ça ? Je n’en sais rien. Mais je leur demande de respecter leur serment et de ne pas penser que le peuple malien va encore, après toute cette lutte, se laisser entraîner dans des arrangements où l’on se partagerait des postes. Il faut bannir ces comportements. Nous sommes vraiment à un tournant, où il faut poser les jalons d’un régime futur, qui va constituer une rupture avec la corruption endémique, un système dans lequel la population malienne manque de tout, de l’éducation à la santé, cette misère noire dans laquelle les gens vivent. L’armée elle-même vit une situation pitoyable. Je crois qu’il s’agit-là d’une chance de restaurer la confiance entre l’armée et son peuple. Parce qu’une armée qui n’a pas la confiance de son peuple ne peut pas faire face à des défis. » 

Lisez l’intégralité de l’entretien sur France Inter

https://www.franceinter.fr/monde/imam-dicko-les-maliens-doivent-s-approprier-leurs-problemes

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