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Requalification illimix des faits ou autodafé parlementaire : le feu à l’arène politique

«Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent», André Gide. Pourquoi tant d’acharnement, après Wade sur Macky, de Macky sur Sonko ? C’est à croire que l’alliance de l’éclectisme politico-intellectuel et de la bureaucratie parlementaire du tout pouvoir se traduit par un exorbitant pouvoir de Macky Sall avec cette crise sanitaire. Qu’allons-nous avoir droit d’assister la prochaine fois après l’histoire Diary Sow, le patrimoine confidentiel d’Idrissa Seck et ce pot-pourri sur l’affaire dite Sonko ? Voir encore des Sonkistes de tout le pays organiser des marches de protestation, des casses et des incendies ? Cela tient de l’autodafé et c’est inadmissible.

Par Khaly Moustapha LEYE *

De façon comparative, l’on peut mettre les deux situations de Sonko-Macky et Wade-Macky en face. Les griefs ne sont jamais clairs au début, avant d’être clarifiés par la suite, par requalification politico-juridico-idéologique. L’on se rend ainsi compte de l’âpreté de la bataille parlementaire engagée : les députés s’attaquent à la sérénité politique de Sonko pour le déstabiliser.   

Malheureusement, cette manipulation exercée par une majorité complaisante n’en est pas un premier coup d’essai, mais sûrement un énième coup de maître, qui a eu le don et l’intuition de déclencher un autodafé de l’opposition radicale.   

Car avec sa conférence de presse, Sonko est sorti de ses gonds pour tomber dans leur piège. L’avocate indexée a beau se défendre, il est clair qu’une main invisible est derrière la rédaction de la plainte de Madame Sarr Adji. Si ce n’est-elle Me Dior, c’est un homme spécialiste du droit et du Code pénal en tout cas. Quel est le but recherché ? Provoquer des heurts avec les forces de l’ordre censées veiller sur les interdictions de rassemblements et de cérémonie dans les régions de Dakar et de Thiès pendant l’état d’urgence sanitaire, dit 3ème régime d’état de crise et de catastrophe naturelle ? Ainsi, des hérétiques ont condamné leur leader, Ousmane Sonko, homme politique immature et naïf, à l’échafaud parlementaire sur le bûcher politique et à la guillotine judiciaire. Le supplice du feu va pouvoir commencer à travers l’Inquisition contre tous les activistes.   

Les saccages et incendies du lundi 8 février 2021 ne sont donc que la résultante d’un complot bien préparé qui a fait réagir Sonko, la personnalité politique distinguée visée, provoquant ainsi le mécanisme du piège qui se referme sur lui, quand ses partisans le faisaient tomber dedans, au grand dam des comploteurs eux-mêmes qui ne le voyaient pas de cette ampleur-là. Mais surtout, les cibles identifiées et visées comme Auchan et Total, révèlent à l’opinion que la main des activistes n’est pas innocente de ces attaques. Ce qui donne du grain à moudre aux parlementaires en commission ad-hoc en début de semaine. Car, visiblement, ce sont des intérêts bien français qui ont été visés, et cela renvoie au Frapp France dégage que dirige Guy Marius Sagna, cet activiste célèbre.   

Seulement, là où ça ne passe pas, car ce mensonge étant trop gros pour être vari et être avalé si facilement, avec une quantité d’eau, c’est quand l’acte d’accusation qui est la plainte formelle de la plaignante, se confond à ces faits du jour de lundi 8 février à la Cité Keur Gorgui, à l’Ucad et ailleurs dans le pays (Louga, Bignona etc.) pour dénaturer les motifs du complot, dès lors dissouts dans un verre acide à boire par l’opinion sénégalaise et même internationale. Or cette plainte a motivé la quasi-auto-saisine du procureur Serigne Bassirou Guèye, avec célérité (mode fast-track) et enthousiasme (zèle de fonctionnaire habitué du lynchage politique des adversaires de son mentor).   

Mille fois violé et menacé de mort sans cesse, il lui appartient de contre-attaquer maintenant, par examen de conscience   

Le Chef du parquet et maître des poursuites a requis illico presto une action toute d’illégalité sur une personnalité politique, leader incontesté, charismatique, influent et populaire, arrivé troisième à la dernière élection présidentielle. Un virtuel ou même réel chef de l’opposition en l’absence d’Idrissa Seck qui a, à son tour, rejoint les prairies beige-marron, et qui, malgré son licenciement du service des impôts est resté le même incorruptible au sens anglais du terme «intouchable».   

Cela n’a visiblement pas plu à l’intéressé, accusé de rapports adultérins avant même d’être considéré violeur menaçant avec arme au poing. On se croirait dans un film western. Sonko a donc jugé bon de mettre en jeu son immunité parlementaire comme Seydina Fall Boughazelli qui avait aussi démissionné de son strapontin de député, suite au flagrant délit dont il faisait l’objet dans une histoire de faux monnayeurs. Il n’a pas préféré jurer sur le Saint Coran comme le frangin Aliou Sall du président l’avait fait pour se blanchir des accusations sur l’affaire Pétrotim ébruitée par la BBC, malgré qu’il eût demandé l’avis d’un Oustaz avant de rallier «Sweet Beauty» pour se faire masser par deux jeunes dames, dont l’une lui cause actuellement du tort en l’accusant.   

Comment se laver à grande eau et échapper à toutes ces poursuites cumulées et ces attaques sans cesse répétées ? Un jour de lundi 8 février 2021, deux forces en présence devant le domicile d’Ousmane Sonko à la Cité Keur Gorgui, constituées de ses partisans et nombreux soutiens d’une part, et des éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi), sont prêtes à s’affronter. Ce qui ne pouvait manquer d’arriver arriva : jets de pierre, puis de gaz lacrymogène, course-poursuite, arrestation voitures privées caillassées, des blessés et des pertes matériels enregistrés, des domiciles et des voitures incendiés, des stations d’essence et des magasins du commerce aussi. Le spectacle est ahurissant.   

Tout ça à cause de l’audace de l’avertisseur (Proc Bass Guèye) détenteur du mandat d’amener en qui on n’a guère confiance, vu les précédents fâcheux des cas Karim Wade et Khalifa Sall, et les troubles du principal accusé et averti (Ousmane Sonko) qui ont jeté un trouble sur les institutions de la République et l’honorabilité de l’éthique politique au Sénégal. Le prochain épisode de ce combat mortel est à suivre et à ne rater sous aucun prétexte. Et si le Président de la République, Macky Sall, a pu laisser entendre à demi-mots qu’au Sénégal, il y a certains, si on les arrête on déclenche un clash sociétal, ce n’est pas une raison suffisante pour essayer justement de passer à l’acte en organisant ce clash sociétal, par un détonateur, pour que l’explosion en soit libre aux yeux de tous dans le malheureux constat du désespoir collectif, en pleine crise de pandémie.   

Nous en sommes-là, pris en otage par les acteurs politiques, se réorganisant pour reprendre les choses en main sous la seconde vague de la Covid. En attendant, c’est au tour des députés d’entrer dans la danse, et c’est acté depuis jeudi, puisqu’ils ont arrêté leur calendrier pour juger l’affaire en autodafé parlementaire, car Sonko étant un membre de l’hémicycle seul l’Assemblée a tout pouvoir de l’entendre avant une quelconque institution, de le juger intra-muros, et de délibérer sur son cas pour le livrer ensuite à la vindicte populaire et à la justice sans visage du Procureur de la République qui l’attend de pied ferme, une fois les faits requalifiés dans le sens souhaité par les pontes de la République, les tenant-lieu de pouvoir de ce troisième régime d’exception bien spécial. Sonko est en passe de devenir l’agneau du sacrifice ce jour, pour être placé sur l’autel de la jachère démocratique réservée à Macky Sall qui songe à un troisième mandat républicain bien légal en 2024. C’est peu dire qu’ils ont fini, ces députés, de mettre le feu à l’arène politique.   

Des vrais autodafés qui brûlent un grand livre appelé Loi fondamentale, au nom de l’amour et de la vénération qu’ils portent à Macky Sall. Cette machine à manipuler ne va pas continuer à dérouler aussi calmement, tranquillement qu’ils le voudraient, par illusion rétrospective sur l’Émirat pétro-gazier en rêve chez la plupart, mais elle a produit pleinement ses effets. Sonko peut en témoigner : mille fois violé et menacé de mort sans cesse, il lui appartient de contre-attaquer maintenant, par examen de conscience et non sur la base des critères politiques, idéologiques ou moraux établis. Pour se faire délivrer un visa de bonne hygiène de vie et de mœurs. Cependant, «nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi». Et, «Dis aux croyantes de baisser leur regard, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leur voile sur leur poitrine» (Verset 31 de la Sourate 24 du Coran). La République autorise à chacun de conserver ses traditions religieuses et sa culture politique, mais celles-ci ne peuvent en aucun cas devenir les fondements de la loi, Monsieur le Procureur.  

*Monsieur LEYE Khaly Moustapha (Ras Staf) 

Consultant correcteur de presse à quotidien Tribune (Groupe Dmedia), 

Coordonnateur Mouvement Farafina Dambé pour la Renaissance africaine au 21ème siècle 

+221.77.850.66.12 ; cradif.bgom@hotmail.com, mfdafdaoras21@gmail.com 

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