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Freiner l’automatisation pour réduire les inégalités*Daron Acemoglu

Professeur d’économie au Massachusetts Institute of Technology, Daron Acemoglu est l’auteur d’une étude relayée par le Fonds Monétaire International et intitulée “Recréer le monde d’après la Covid-19”. Il estime que la prochaine phase de l’automatisation, qui s’appuie sur l’Intelligence Artificielle et sur des machines mues par celle-ci comme les voitures autonomes, pourrait créer encore plus de perturbations, surtout si elle ne va pas de pair avec d’autres types de technologies plus respectueuses de l’homme. “Ces nombreux outils technologiques, qui comportent diverses applications et recèlent un grand potentiel, pourraient améliorer la productivité humaine et introduire de nouvelles tâches et compétences humaines dans l’éducation, la santé, l’ingénierie, l’industrie manufacturière et autres secteurs. Cependant, ils pourraient aussi aggraver les suppressions d’emplois et les bouleversements économiques s’ils servaient uniquement à l’automatisation explique le professeur Daron Acemoglu. Il souligne que la pandémie a assurément donné aux employeurs des raisons supplémentaires de rechercher des solutions pour remplacer les travailleurs par des machines. Il ressort des récentes données disponibles qu’ils agissent en ce sens (Chernoff et Warman, 2020)

Poussant l’analyse, il estime que tout ne sera pas réglé par l’innovation technologique, au contraire. ” Malgré la profusion de nouvelles machines et de nouveaux algorithmes qui nous entourent, l’économie des États-Unis affiche actuellement une très faible croissance de la productivité totale des facteurs. Il s’agit du principal indicateur économique de la productivité d’un pays, qui évalue le degré d’efficience de l’utilisation des ressources en capital humain et physique. La croissance de la productivité totale des facteurs a en particulier été nettement plus faible ces 20 dernières années que pendant les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale (Gordon, 2017). En dépit des progrès rapides des technologies de l’information et de la communication et de leur utilisation dans tous les secteurs d’activité, les secteurs qui recourent plus massivement à ces technologies n’ont pas obtenu de meilleurs résultats en termes de productivité totale des facteurs, de production ou de croissance de l’emploi (Acemoglu et al., 2014). Les causes de cette lente croissance de la productivité dernièrement ne sont pas bien connues. Une explication semble néanmoins être la suivante : de nombreuses technologies d’automatisation, à l’instar des caisses en libre-service ou des services clients automatisés, ne génèrent pas une forte croissance de la productivité totale des facteurs. Autrement dit, plutôt que d’améliorer la productivité, l’automatisation a été excessive parce que l’adoption par les entreprises des technologies de ce type est telle qu’elle ne permet pas une réduction des coûts de production, ou que ces technologies ont un coût social sachant qu’elles provoquent un recul de l’emploi et des salaires des travailleurs” assure Daron Acemoglu.

Eli M@NE – www.enligne.sn

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