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La Chambre africaine de l’Energie porte plainte contre la Banque des États de l’Afrique centrale

La Chambre africaine de l’énergie intentera une action en justice pour obtenir une injonction pour arrêter la mise en œuvre de la réglementation imprudente des changes (forex) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) qui est anti-africaine, contre les petites entreprises et contre les investisseurs. La Chambre accuse la Banque centrale d’avoir fait adopter « des réglementations destructrices d’emplois et d’investissements qui augmentent déjà le chômage, et finiront par anéantir tout espoir de voir des investissements futurs en Afrique centrale ». « 

Les aspirations des gouvernements et des entreprises locales de la région de la CEMAC à construire un secteur énergétique dynamique et créateur d’emplois ont en effet été considérablement affectées par les réglementations de change imposées par la BEAC. Ces réglementations créent des barrières à l’entrée extrêmement dissuasives pour les investisseurs au Gabon, en République du Congo, au Cameroun, en Centrafrique, en Guinée équatoriale et au Tchad, et un arrêt brutal de tout type de développement de contenu local pour les entreprises et les entrepreneurs de ces pays. Si l’objectif final de la BEAC de lutter contre la corruption est noble et doit être soutenu, ces réglementations empêchent essentiellement la libre circulation des capitaux et le rapatriement des bénéfices, et privent les entreprises locales de la capacité de concurrencer sur un pied d’égalité avec leurs homologues étrangers » déclare la Chambre africaine de l’Energie.

En raison de la dépendance de la région à l’importation d’équipements et de matériel pour les opérations pétrolières et gazières, la capacité des entreprises locales à établir de solides relations d’affaires avec des partenaires étrangers est essentielle à leur compétitivité et à leur capacité à conclure des contrats. Cependant, les règles de change de la CEMAC signifient que ses sociétés de services locales sont désormais incapables de payer rapidement et efficacement leurs fournisseurs étrangers. Concrètement, il faudrait plusieurs mois à une société de services locaux de la CEMAC pour honorer ses engagements contractuels avec un opérateur, contre seulement quelques jours ou semaines pour tout autre concurrent non contraint par la même réglementation de forex ajoute la même source.

La Chambre africaine de l’énergie, ses partenaires et ses membres appellent d’urgence la BEAC à agir dans l’intérêt de la CEMAC, dans l’intérêt de ses travailleurs et de ses entreprises. La nécessité d’avoir une politique monétaire qui tienne compte des préoccupations et de la voix de la plus grande industrie génératrice de revenus de la région est criante. À l’heure où l’Afrique s’apprête à déployer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), la CEMAC et ses milieux d’affaires risquent d’être davantage laissés pour compte.


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