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Flux migratoires – C’est l’Europe qui dicte le tempo

Le rapport de l’étude-bilan sur les projets et programmes migratoires de 2005 à 2019 au Sénégal publié par la Fondation Heinrich Böll met en relief « une absence de politique nationale claire et cohérente ». « Plutôt que de présenter des solutions pérennes adaptées aux contraintes structurelles et conjoncturelles de développement auxquelles fait face le Sénégal, ces projets et programmes semblent surtout répondre aux attentes de l’Union européenne et de ses pays membres , ce qui crée de nombreuses frustrations, en particulier chez les migrant.e.s de retour, les candidat.e.s à l’émigration et les associations locales impliquées dans ces projets. Les projets et programmes relatifs aux migrations mis en œuvre au Sénégal, sous l’impulsion et le financement des bailleurs internationaux, s’apparentent bien plus à des projets
et programmes « anti-migratoires ». Il s’agit pour la plupart de déprécier et de discréditer l’émigration pour mieux enjoliver les itinéraires de réussite « sur place ». Au niveau individuel, cela conduit à enfermer les candidat.e.s à l’émigration dans leurs espaces comme pour les amener à intérioriser la négation de leur désir de mobilité. Et au niveau institutionnel, à ignorer les bénéfices que cette mobilité pourrait apporter et apporte déjà au Sénégal.

Ainsi, au vu des contributions significatives des Sénégalais.e.s de l’extérieur au produit
intérieur brut du pays, ce rapport amorce une réflexion sur l’intérêt du Sénégal à poursuivre ce qui semble être des projets et programmes « anti-migration ». Il pose aussi la nécessité de mettre en place des politiques et programmes orientés vers l’identification de réponses pérennes et articulées autour des défis et enjeux migratoires propres au Sénégal, et non pensés par rapport à l’agenda de ses partenaires techniques et financiers ajoute le document.

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