Alliance intergouvernementale comptant 43 États membres, la Coalition islamique militaire contre le terrorisme (CIMCT) a lancé, mardi 29 septembre à Dakar, l’initiative stratégique « Médias de Paix ». La cérémonie officielle était présidée par le ministre des Forces armées Yankhoba Diémé, en présence du secrétaire général de la CIMCT, le général de division Mohammed bin Saeed Al-Moghidi.
Le lancement de l’initiative stratégique « Médias de paix » a réuni, à Dakar, de hautes autorités civiles et militaires, ainsi que des dirigeants et experts du secteur des médias, pour débattre des enjeux stratégiques de la communication dans la prévention de la radicalisation et de ses effets. Comme l’a rappelé le ministre des Forces armées Yankhoba Diémé, « la coalition cherche à unir les capacités des pays membres pour prévenir, mais également combattre et affaiblir le terrorisme dans une approche qui combine les dimensions militaires, sécuritaires, idéologiques, financières et médiatiques ».
Se réjouissant du choix porté sur le Sénégal pour abriter le lancement de l’initiative « Médias de paix », Yankhoba Diémé se dit convaincu qu’elle contribuera « durablement au renforcement des capacités nationales, notamment dans le domaine de l’information, de la sensibilisation et de la prévention de l’extrémisme violent ». Mettant en exergue le rôle des médias dans cette lutte, il a souligné qu’investir dans la formation des journalistes, c’est investir dans la résilience des sociétés. D’où l’intérêt de réfléchir à une nouvelle perception du rôle des médias dans les environnements de crise. Cela dans un contexte où « informer est devenu plus ardu face à la dictature de l’immédiateté et au vacarme informationnel amplifié par les réseaux sociaux. »
MIEUX FAIRE FACE AU DISCOURS EXTRÉMISTE ET AU DISCOURS DE HAINE
« La lutte contre le terrorisme est souvent pensée sous le prisme sécuritaire, militaire, judiciaire et économique. Certes, ces dimensions sont essentielles, mais ne sauraient être exhaustives. Elles seraient incomplètes sans les dimensions informationnelles et sociales », souligne le ministre des Forces armées. Il ajoute que l’organisation de ce type d’initiative conforte l’idée que la lutte contre le terrorisme ne peut être durable que si elle s’accompagne d’un renforcement de la cohésion sociale, de la résilience des communautés et surtout de la qualité de l’information.
Le général de division Mohammed bin Saeed Al-Moghidi, secrétaire général de la CIMCT, abonde dans le même sens. Il insiste sur l’importance d’œuvrer à mieux comprendre les discours extrémistes et les discours de haine dans l’environnement numérique, et à développer des outils professionnels permettant aux acteurs des médias d’y faire face grâce à des contenus responsables, à des informations fiables et à des messages favorisant la paix et la stabilité. « Cette initiative, insiste-t-il, n’a pas pour objectif de restreindre les opinions ni de limiter la liberté d’expression. Elle vise, au contraire, à donner aux professionnels des médias les moyens de comprendre les contenus extrémistes, de distinguer l’information de la désinformation et de produire des contenus qui favorisent la modération, la coexistence et la paix ».
Le général Mohammed bin Saeed Al-Moghidi ne manque pas d’indiquer que la lutte contre le terrorisme ne peut être menée par une seule institution ni reposer sur un seul moyen. « Elle constitue une responsabilité partagée, qui appelle une action complémentaire des institutions gouvernementales, des services de sécurité, des médias, de la société civile et des établissements d’enseignement. »
Mohamed NDJIM (La Tribune)