Des chercheurs en cybersécurité ont exploité l’IA d’Anthropic pour s’introduire dans les systèmes internes d’OpenAI, accédant aux comptes d’employés et au dépôt de code qui abrite les secrets algorithmiques de l’entreprise.
Le 25 juillet 2026, trois chercheurs de la société Hacktron AI ont enchaîné deux vulnérabilités pour compromettre les comptes ChatGPT et Codex de plusieurs employés d’OpenAI. Leur arme : Claude, l’IA concurrente développée par Anthropic.
L’opération entière, de la découverte de la première faille à l’accès au dépôt de code interne d’OpenAI, a duré moins de 72 heures. Le Wall Street Journal, qui a révélé l’affaire le 17 septembre, rapporte qu’OpenAI a versé une prime de 6 500 dollars aux chercheurs dans le cadre de son programme de bug bounty.
Je ne pense pas que nous soyons aussi forts que les acteurs de la menace chinois. Nous sommes juste trois gars avec des abonnements Claude et Codex.Mohan Pedhapati, directeur technique de Hacktron AI, au Wall Street Journal, 17 septembre 2026
L’IA d’Anthropic trouve l’exploit là où la version précédente échouait
L’attaque a démarré le 23 juillet, quand les chercheurs ont identifié une faille dans la manière dont Discourse, le logiciel qui héberge le forum communautaire d’OpenAI, traitait certains fichiers image via la bibliothèque libheif. Ils ont d’abord demandé à Claude Opus 4.8 de rédiger un code d’exploitation. Sans succès. Le lendemain, Anthropic a publié Opus 5. En quelques heures, le nouveau modèle a produit un exploit fonctionnel.
Le code généré par Claude a permis aux chercheurs d’exécuter du code à distance sur le serveur Discourse d’OpenAI, puis d’extraire des jetons d’authentification. Ces jetons étaient valides sur ChatGPT et, pour certains, appartenaient à des employés d’OpenAI. Via le compte Codex d’un employé, les chercheurs ont pu accéder à « Monorepo », le dépôt logiciel qui, selon des personnes familières de l’architecture d’OpenAI citées par le Wall Street Journal, contient les secrets algorithmiques de l’entreprise, ceux qui rendent ses modèles plus rapides et plus efficaces.
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Les chercheurs se sont arrêtés dès qu’ils ont compris qu’ils pouvaient accéder à des données sensibles. Pour prouver la portée de l’intrusion sans rien lire, ils ont envoyé une pull request inoffensive dans le dépôt interne, signée « Hacktron AI Team PoC ». OpenAI a confirmé avoir trouvé des « lectures limitées » de métadonnées et de modifications de code dans ses dépôts privés.
La réaction en interne a été massive. Greg Brockman, président et cofondateur d’OpenAI, a déclaré cette semaine que l’entreprise avait réaffecté 25 % de ses ingénieurs de production à la défense de ses systèmes après cet incident et le piratage de Hugging Face survenu quelques jours plus tôt. Le rapport technique complet de Hacktron AI détaille la chaîne d’exploitation complète et les vulnérabilités découvertes dans la même bibliothèque libheif chez Slack, Meta, Zoom et Shopify.