Ils nous faudra vaincre le regard de la défaite. Les JOJ nous feront gagner ! Nous ne pouvons que gagner en ce moment où nous avons presque tout perdu.
Partout et de partout, certes, les Sénégalais qui savent lire et écrire et ceux qui savent parler mieux que ceux qui écrivent, ameutent, avertissent : les JOJ seraient-ils il irrecevables à Dakar ?
Que non ! Mais ces sentinelles veulent exprimer leur peur de voir les JOJ montrer à la face du monde une capitale calamiteuse où, malgré les colossaux efforts municipaux et gouvernementaux, des citoyens sèment ordures, désordre, insalubrité, sauvagerie, dans une impunité, hélas, trop longtemps consacrée.
On balaie, on nettoie, on plante et ils reviennent les corbeaux imposer leur ordre !
L’indiscipline a tout vaincu dans notre si cher pays : un déficit d’éducation civique effrayant. Un déficit d’autorité et d’exemplarité dans la sanction. Un incivisme généralisé. Une douloureuse et très durable faiblesse de culture du bien commun.
Voilà le constat toujours et tout le temps dans cette capitale épuisante et désespérante.
Du vendeur au diakartaman et chauffeur, du maire au ministre au DG, au policier, au gendarme, au soldat, le bien public doit être sacré !
La rue, le bus, l’hôpital, le marché, l’école : c’est notre bien. Un pays ne change pas parce que l’on crie. Il change quand on décide et passe à l’action.
Une fatigue et une démission collectives se sont saisies de nous : capitale dépotoir et malade. Désastre sanitaire et hôpitaux saturés. Inondations insolubles et ordures tenaces et vainqueures.
Un autre mal, insidieux et douloureux : la pollution sonore. Elle arrive dès 7H du matin avec des charretiers, des marchands ambulants de tous acabits armés de microphones haut- parleurs à haut débit et vendant tout et rien. On y perd la raison : envahi, étouffé, dérangé, agressé même !
« Mon commerce passe avant ton sommeil, ta tranquillité.» Voilà la règle imposée dans nos quartiers et dés l’aube ! Un incivisme sonore à subir et fermer sa gueule : « Nous travaillons pour vivre ! » disent les meutes marchandes, jusque dans les maisons, tapant ou sonnant allègrement à votre porte.
Pourtant la loi réglemente ces dérives impunies. Notre culture nous pèse, nous nuit et nous punit au nom d’une étrange miséricorde pour ceux qui disent lutter pour survivre. Les autres n’ont qu’à subir à leur tour !
Le décret 2001-282 sur les nuisances sonores ainsi que des arrêtés municipaux sont clairs : pas de mégaphone, pas de tapage diurne et nocturne, horaires des commerces réglementés.
Et pourtant, va et danse la galère !
« La guerre de tous contre tous.» Violence. Perte de confiance. Exode des meilleurs. Restent ceux qui subissent. Voilà le tableau : moins climatisé que l’enfer !
C’est un pays qui crash ou presque ! Attachez vos ceintures et surtout laissez Allah tranquille. Il y a longtemps qu’IL a donné Sa Part ! On ne bâtit pas un pays avec des prières. Un peuple, si !
L’Ambassadeur de Tombouctou me confie cette parole coléreuse :
« Les hommes de savoir souffrent et meurent en silence dans ce pays. Ce sont des illettrés et des analphabètes, le plus grand nombre, qui élisent nos Chefs politiques. Le Sénégal est à un tournant dangereux et inquiétant. Il est à l’abandon. Il périt. Il faut le relever d’abord par l’esprit. L’esprit seul nous sauvera du néant. Et l’esprit se meurt dans ce pays jadis conquérant et lumineux. L’élite politique nous humilie par sa marginalité dans l’arène de l’alphabet, du savoir-être, du savoir-dire, du savoir-faire. L’élégance est morte. Celle de l’habit ne cache pas la misère de l’esprit. Elle l’amplifie.»
Le constat est cruel. À chacun de juger. Pour notre part, nuançons et espérons que la nuit n’emprisonne point le jour pour de bon.
Sommes comme désarmés face à l’errance, face à une meute de « politiciens-moi-moi-moi », face à des Conseils des ministres pourtant informés, vigilants, courageux, mais victimes d’un déficit de mise en œuvre, de directives généreuses peu appliquées, peu évaluées.
Lettres mortes. Effets d’annonce. Parlottes. Lenteur administrative. Budget à sec. Absence de réactivité, de sanction ou de félicitations publiques. Voilà les lots gagnants !
Un tableau de bord présidentiel mensuel doit être établi avec : une feuille de route, un délai établi, un responsable pour rendre compte, une évaluation. Un compte-rendu public.
Une évaluation des ministres tous les six mois par un cabinet indépendant et rendu public.
Au PR, librement, sans contrainte, en toute autorité, de décider ou non de la reconduite du responsable en cas d’échec total ou d’insuffisance de résultats. L’essentiel est que le PR sache et ne se taise pas, que les Sénégalais sachent.
Tous les six mois, chaque ministre passe devant les questions de la presse nationale et internationale sur les missions, résultats de son département.
Il nous faut désormais penser à établir, démocratiquement et respectueusement, une inter connexion gouvernement-peuple-presse. Nous le demandons de tout notre cœur au PR et à son PM.
Ils y gagneront et du respect, et de la gratitude, et de la transparence et de la confiance des administrés, des électeurs, des pourvoyeurs et citoyens qui s’acquittent de leurs impôts et taxes.
L’opinion internationale approuvera et se félicitera d’une telle innovation politique pratique, presque révolutionnaire et rare dans les États modernes du Sud comme du Nord.
Une belle et noble transparence politique face au peuple qui a confié le pouvoir à ceux qui ont juré de gouverner dans la justice et l’équité. Servir et non se servir.
Il est temps d’innover, de gouverner ensemble sans rien ôter aux prérogatives des uns et des autres.
Notre pays restera notre pays, c’est à dire notre trésor. Nous n’avons nulle part où aller, qu’ici. Même si notre vie sur terre Dieu l’a élu loin d’ici, notre prière est de revenir reposer ici, dans l’éternité.
Que personne ne nous fasse croire le contraire, malgré la douleur des déficits de civisme, des déficits d’autorité publique. Un déficit se résorbe. Il s’agit de le vouloir au prix de tous les sacrifices.
Les JOJ arrivent donc. Les Sénégalais n’ont pas tous tardé à répondre au défi.
Quand on regarde et pèse tout ce qui a été fait, réalisé et construit pour accueillir le monde chez nous, on se dit : bravo !
Le reste, c’est nous face à nous. Que l’on se souvienne toujours que notre pays, si cher, a des atouts, quels que soient les impairs : « ce sourire Sénégalais qui est le soleil du cœur.» L’expression est de celui qui a donné la souveraineté à ce pays et dont il reste encore l’étoile et le visa : Sédar Senghor.
Il y a encore plus chez nous pour émerveiller le monde : la beauté de nos femmes ! Même sur le chemin du marché, elles sont parées et si belles, me dit-on de Paris à Shanghai, de Kigali à Chicago, d’Essaouira à Istanbul.
Oui, nous réussirons les JOJ. Nous les réussirons et celles et ceux qui rentreront à la fin chez eux, se souviendront du sourire des Sénégalais, de leur teranga, même dans la pauvreté, de la beauté achevée et invincible des femmes Sénégalaises.
Restons unis et avançons ensemble, cœur à cœur, chœur à chœur : Julien Jouga, Doudou Ndiaye Coumba Rose, Khar Mbaye Madiaga, Bira Guèye, Samba Diabaré Samb, Thione Seck, Ndiaga Mbaye, Yandé Codou Sène, Daro Mbaye, Laye Mboup, Sombel Faye, Mahawa Kouyaté, Aminata Fall, Laba Socé, Laye Mboup, Pape Djiby Ba, Balla Sidibé, Ouza, Idrissa Diop, Souleymane Faye, Ibrahima Ba, Duggy Tee, Baba Maal, Ismaël Lo, Youssou Ndour.
Les JOJ nous auraient fait un cadeau si l’IA nous avez aidé à composer une chanson fétiche autour des voix des anciens et des modernes ici répertoriés avec, surtout, du khalam, doux, lancinant, monocorde, sans la rage tympanisante et sonore, mais sexy, ivre et diablotin, du Mbalax !
La colère a presque prévalu à l’entame de cette prise de parole face au démon durable et tyrannique de l’indiscipline sénégalaise décapante et monstrueuse !
La musique et l’espérance adoucissent tout, contrairement au thermomètre élevé et au robinet sec de la politique dans ce pays chéri mais si souffrant !
Nous ne voyons que l’éclat des larmes dans « l’incendie des silences. »
Serions-nous abandonnés et par Dieu et par ceux que nous avons élus ? Et pourquoi ? Pourquoi ?
Chaque Sénégalaise, chaque Sénégalais, a plein d’argent : « cet argent que nous a donné l’amour » de notre pays.
Cette richesse est la plus belle des dons. Ils deviennent de jour en jour plus nombreux ceux qui n’écoutent plus et ne regardent plus nos politiciens. Ils font trop de bruit. Ils nous rendent, dit-on, plus pauvres encore. Ils entrent chez nous sans permission. Nous parlent sans permission. Nous dérangent sans permission. Vident nos pauvres poches trouées par des taxes patriotiques, disent-ils.
Les Sénégalais portent désormais tous les noms et prénoms de la pauvreté.
Les JOJ ne verront pas ce visage. Nous ne leur monterons que le soleil de notre cœur. Et il ne se couchera pas.
Ce 15 septembre 2026.
Par Amadou Lamine Sall
poète
Titulaire des Palmes académiques du Sénégal.