À l’occasion de la cérémonie de remise des prix du Concours général marquant son 60ᵉ anniversaire ce 30 juillet, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a adressé ses félicitations aux lauréats tout en tirant la sonnette d’alarme sur le déclin des effectifs scientifiques. Face à la stagnation des filières techniques et au manque de séries S1, le chef de l’État appelle à une mobilisation générale pour refonder l’École et en faire la « première infrastructure stratégique » du Sénégal. Malgré la création d’établissements dédiés comme le Lycée scientifique d’Excellence de Diourbel ou le réseau des Lycées Nation-Armée pour la qualité et l’équité (LYNAQUE), ainsi que la mise en œuvre d’innovations pédagogiques, le président Faye constate que les résultats ne répondent pas aux ambitions nationales. Les chiffres traduisent une régression constante au sein du secondaire général. La part des effectifs inscrits dans les séries scientifiques stagne autour de 20 %, passant de 21,7 % en 2020 à 21,4 % en 2025. De manière similaire, la proportion des nouveaux inscrits en classe de seconde S a connu une baisse continue, chutant de 27,5 % à 25,8 %. Face à cette situation, le chef de l’État fixe une priorité claire pour la communauté éducative : « Nous devons unir toutes les forces et intelligences de la communauté éducative pour éradiquer la situation tragique de trop nombreux lycées sans terminale S1, le fleuron de notre système éducatif et le creuset de l’excellence. »
« LA PREMIÈRE INFRASTRUCTURE STRATÉGIQUE D’UNE NATION EST SON ÉCOLE »
Inscrite dans le cadre de l’« Agenda national de Transformation Sénégal 2050 », la politique éducative est présentée comme le levier central de la souveraineté et du progrès du pays. « La première infrastructure stratégique d’une Nation n’est ni une route, ni un port, ni un aéroport. La première infrastructure stratégique d’une Nation est son École. » L’objectif réaffirmé repose sur l’égalité des chances et la promotion du mérite individuel, indépendamment des origines sociales : « Je veux faire du Sénégal une République où chaque enfant pourra dire avec fierté : « Mon avenir ne dépendra pas de mon origine sociale ou de l’endroit où je suis né, mais de l’effort que je suis prêt à fournir et des opportunités que mon pays m’offre. » Marquant six décennies d’excellence académique, cette édition a été enrichie par le lancement d’un ouvrage commémoratif et d’une exposition documentaire traçant l’histoire du Concours général. Le choix de la marraine s’est porté sur le Professeur Awa Marie Coll Seck, ancienne ministre de la Santé et chercheuse de renommée internationale, donnée en exemple pour son engagement scientifique et son dévouement à l’intérêt général. Par ailleurs, le discours d’usage a été prononcé par le Dr Papa Fary Seye, égyptologue et professeur d’histoire-géographie au Lycée d’enseignement général de Diourbel. L’ensemble des réflexions s’est articulé autour du thème officiel intitulé « Le Sénégal à l’heure des Jeux Olympiques de la Jeunesse : refonder le sens du bien commun à l’école des valeurs olympiques ».
« LE VÉRITABLE HÉRITAGE DES JOJ NE SERA PAS UNIQUEMENT SPORTIF. IL SERA ÉDUCATIF, CIVIQUE, CULTUREL… »
À l’approche des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) prévus au Sénégal, le chef de l’État a souligné la complémentarité entre l’esprit olympique et l’exigence éducative. « Le véritable héritage des Jeux olympiques de la Jeunesse ne sera donc pas uniquement sportif. Il sera éducatif. Il sera civique. Il sera culturel. Il sera moral. Il sera intergénérationnel. » Le président de la République n’a pas manqué de s’adresser aux corps enseignants et aux élèves primés. Qualifiés de « vaillants soldats du savoir », les enseignants ont été invités à perpétuer la noblesse de leur mission par l’exemplarité et le sens du devoir. Selon le chef de l’État, enseigner ne se limite pas à la transmission de connaissances, mais consiste à éveiller les consciences. En félicitant les récipiendaires, le président Bassirou Diomaye Faye a rappelé les responsabilités qui accompagnent le mérite académique : « Souvenez-vous toujours que l’excellence n’est jamais un privilège. Elle est le fruit de l’effort. Votre Nation attend désormais que vous mettiez ce talent au service d’une ambition plus grande que vous-mêmes. Elle ne vous demande pas d’être les meilleurs pour vous-mêmes. Elle vous demande d’être les meilleurs pour le Sénégal. »