Bassirou DIomaye Faye annonce des financements innovants pour l’économie bleue

Le Président Bassirou Diomaye Faye a ouvert le Forum international sur le développement durable des transports maritimes et de la logistique dans l’économie bleue. Dans le sillage de l’Agenda national « Sénégal 2050 », le chef de l’État a annoncé le recours aux obligations bleues afin de mobiliser l’épargne nationale et privée, tout en subordonnant le développement de ce secteur au respect rigoureux de l’environnement. Initié par le ministère des Pêches et de l’Économie maritime dirigé par Amy Mara, cet événement valorise un secteur clé de l’économie réelle. Fort de 750 kilomètres de côtes, le domaine maritime sénégalais s’appuie notamment sur le Port de Dakar, qui a généré 700 milliards de francs CFA entre 2022 et 2024 (4 % du PIB) et soutenu 170 000 emplois. Pour capitaliser sur ces atouts, le président de la République mise sur des mécanismes financiers innovants, tout en rappelant que la sauvegarde de la nature reste la priorité absolue : « Nous entendons y répondre par des instruments innovants — au premier rang desquels les obligations bleues (…). Mais aucun de ces financements n’aurait de sens s’il se retournait contre le patrimoine qu’il prétend valoriser : le respect rigoureux de l’environnement n’est pas une contrainte ajoutée à notre stratégie, il en est la condition première. »

« LA SOUVERAINETÉ C’EST ÉGALEMENT LA CAPACITÉ DE SÉCURISER, VALORISER ET GOUVERNER EFFICACEMENT LES ESPACES MARITIMES »

Evoquant les enjeux liés à la façade atlantique, le Chef de l’État a expliqué que la souveraineté moderne d’un État dépendait directement de sa capacité à sécuriser et gouverner ses eaux. Cette ambition nationale s’articule autour de la protection écologique, du progrès économique et d’une répartition équitable des richesses : « Le Sénégal ne veut plus être uniquement un point de passage sur la façade atlantique (…) Dans le monde d’aujourd’hui, la souveraineté ne se mesure plus uniquement à la maîtrise de la terre, mais également à la capacité d’un État à sécuriser, valoriser et gouverner efficacement ses espaces maritimes. » Pour concrétiser cette vision, le gouvernement déploie plusieurs grands chantiers. Le futur port en eau profonde de Ndayane accueillera les grands porte-conteneurs, le projet Jaambar modernisera le Port de Dakar, le pôle de Bargny-Sendou soutiendra l’industrie extractive et les ports de pêche deviendront autonomes. Ces infrastructures ouvriront des corridors logistiques pour désenclaver les zones intérieures et insulaires, tout en stimulant le tourisme de plaisance et la construction navale. Sur le plan social et technologique, le Chef de l’État a annoncé la création d’une grande école suivie, à terme, d’une université entièrement dédiée aux métiers de l’économie bleue. Il a également insisté sur la nécessité d’intégrer les femmes et de numériser les processus logistiques :« nous ferons de la digitalisation de nos chaînes logistiques un levier de fiabilité, de traçabilité et de réduction des coûts. Nous devons également assurer une meilleure inclusion des femmes dans l’ensemble des chaînes de valeur de l’économie bleue. » Face aux menaces comme la pollution, la pêche illicite et l’érosion qui pèsent sur les 30 000 kilomètres de côtes africaines, le président Faye a réitéré l’engagement du Sénégal envers la Charte de Lomé pour bâtir une gouvernance partagée. En conclusion, il a invité à préserver l’océan avec intelligence, rappelant la maxime léboue selon laquelle la mer n’oublie jamais ceux qui la respectent.

Tribune

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