Dans le cadre de l’exécution de son plan d’actions – élaboré avec la participation active du Réseau des journalistes pour l’appui à la protection de l’enfance (REJAPE) –, la Cellule d’Appui à la Protection de l’Enfance (CAPE) a lancé la première de ses deux activités phares de ce mois de juin : une grande journée de sensibilisation et de mobilisation contre le travail des enfants. Ce rassemblement marque le coup d’envoi d’une série d’actions qui culminera le jeudi 18 juin prochain avec la commémoration de la Journée mondiale contre le travail des enfants (initialement prévue le 12 juin), placée sous le slogan fort : « Carton rouge au travail des enfants : une enfance protégée, un travail décent pour les adultes ».
Le choix de tenir cette journée au quai de pêche de Yoff ne doit rien au hasard. S’il constitue le cœur vital de l’économie locale, ce site est également le théâtre de réalités douloureuses pour les plus jeunes, résumées par le thème central de l’événement : « Non à l’exploitation des enfants par le travail dans le secteur de la pêche ». Mame Coumba Thiaw, coordonnatrice de la Cellule de lutte contre le travail des enfants, a rappelé avec gravité les risques encourus par les mineurs dans ce secteur : « Chaque 12 juin, le monde entier célèbre la Journée Mondiale contre le Travail des Enfants. La Cellule de coordination […] a pris l’initiative d’organiser une journée de sensibilisation et de mobilisation communautaire ici au Quai de Pêche de Yoff. […] On a vu que récemment, il y a des cas de noyades d’enfants. Il y a des cas d’enfants également disparus en mer, notamment en décembre dernier. »
La coordonnatrice a mis le doigt sur un véritable paradoxe local : bien que le départ précoce en mer s’inscrive parfois dans une logique traditionnelle, il expose aujourd’hui les enfants à des dangers mortels. « C’est vraiment ce choix qui nous a conduits à venir au niveau de Yoff pour faire cette journée de sensibilisation », a-t-elle précisé. Loin d’être une simple tribune de dénonciation, cette journée du 11 juin a débouché sur des discussions constructives et un plan d’action communautaire. Les acteurs de la pêche artisanale, directement interpellés, ont répondu présents. « Il faudrait que ces acteurs de la pêche puissent prendre des engagements », a martelé Mame Coumba Thiaw. Un appel entendu, puisque de nombreux professionnels du quai se sont engagés à s’unir et à collaborer étroitement avec les organisations de protection de l’enfance pour éradiquer ce phénomène.
Plusieurs recommandations majeures sont ressorties des échanges pour offrir des alternatives viables aux familles. Mettre l’accent sur l’éducation, en renforçant la sensibilisation pour ramener et maintenir les enfants sur les bancs de l’école. La création de structures d’accueil, notamment la mise en place de systèmes de garde d’enfants directement au niveau du quai de pêche pour éviter que les enfants n’accompagnent leurs parents sur les zones de travail dangereuses. Le renforcement des filets sociaux, en accompagnant financièrement et socialement les parents et les femmes travailleuses du quai, afin de déconstruire le prétexte selon lequel l’enfant doit constituer un revenu supplémentaire pour la survie du ménage. En réussissant cette mobilisation communautaire à Yoff, la CAPE et le REJAPE posent les jalons d’une prise de conscience durable, en attendant le rendez-vous du 18 juin susmentionné.
Source : Tribune