À deux ans d’exercice d’un pouvoir acquis de haute lutte et qui ambitionne un changement systémique, il est très prématuré et naïf de parler de dépersonnalisation.
A ce stade, dans la plupart des processus révolutionnaires ou de rupture, les institutions nouvelles ne sont généralement pas consolidées, (dans notre cas, elle n’ont même pas bougé). La cohésion repose largement sur la figure centrale de Ousmane SONKO, qu’on l’aime ou pas, il est la mémoire du combat, celui qui a la confiance émotionnelle des masses, il est surtout l’ennemi commun du système.
Vouloir s’attaquer à sa centralité par des théories d’aseptisation politique tout droit sorties des officines, n’est qu’une tentative contre-révolutionnaire, et la volonté de créer un vide narratif, déjà amorcé par le début d’une réécriture avortée d’une histoire dont les stigmates sont encore visibles à chaque coin de rue.
Cette révolution, vit d’un récit simple: « Sonko rek, kessé, kepp, dong »…au corps défendant du principal concerné, aussi désagréable que cela puisse sonner à certaines oreilles.
Tenter brutalement de passer au registre technocratique « Les institution plutôt que les hommes », alors que tout le monde s’accorde que la rupture tant chantée ainsi que les reformes qui tardent à se matérialiser, c’est prendre le risque de perdre le moteur affectif sans avoir acquis la légitimité de performance.
C’est une pure hérésie, voire de l’ immaturité politique. À moins que le but cherché ne soit justement une dilution, puis une normalisation de l’ordre ancien.
Les révolutions ne fonctionnement pas seulement par des politiques publiques audacieuses, mais par une énergie psychologique collective.
Qui peut dissocier Robespierre de 1789, De gaule de la Ve République? Il s’agit moins de la dépersonnalisation elle-même que le timing choisi par ses promoteurs.
Quand les résultats seront là, l’appareil d’État partiellement sécurisé, les élites concurrentes et systemardes neutralisées, une doctrine claire à la place de l’imaginaire militant, on pourra en reparler. En attendant, focus sur le congres du parti, si tant est qu’il y ait crise, et qu’émerge un Mitterrand tropical comme à Epinay. A defaut, Abdou Diouf nous légué une place au minaret, « Diaka ja gui, ku meun, na nodd »!